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Mon projet mon avenir« Devenir éleveuse, ça botte vachement » Morgane !

 Pour Morgane, « une ferme, c'est une entreprise où les collègues sont des vaches » ! (©Morgane Guillouroux // Création Terre-net Média)
Pour Morgane, « une ferme, c'est une entreprise où les collègues sont des vaches » ! (©Morgane Guillouroux // Création Terre-net Média)

« Passionnée depuis toujours par les vaches », Morgane Guillouroux travaille plusieurs années auprès d'éleveurs. À 30 ans, elle décide de ne plus mettre seulement ses pieds en élevage, mais de chausser les bottes tous les jours, dans sa propre exploitation ! Après plusieurs mois de salariat et formation agricoles, elle rencontre Didier au café... installation. La ferme de ce futur retraité la botte tout de suite. Pendant deux ans, la jeune femme apprend aux côtés du cédant pour une transmission pied à pied.

« Même si l'agriculture a l'image d'une profession dure, c'est en train de changer. Moi, je vois plus son côté complet, car on est autant stimulé intellectuellement que physiquement, explique Morgane Guillouroux dans le podcast La minute positives sur Hit West. Finalement, une ferme, c'est une entreprise où nos collègues sont des vaches ! »

À 30 ans, après plusieurs années à travailler au contact d'éleveurs, la jeune femme « décide de se lancer à son tour ». En février 2019, elle fait la connaissance de Didier Chuniaud lors d'un café installation, organisé par la Cap/Ciap 44 (Adear de Loire-Atlantique)(1). L'agriculteur, sans successeur dans sa famille, va bientôt partir à la retraite. Et il fait tout pour trouver un repreneur et transmettre son exploitation, à Couëron près de Nantes !

« La ferme correspondait tout à fait »

Dès 2012, il réalise un diagnostic pour savoir si elle est transmissible. En 2017, il suit la formation "élaborer son projet de transmission", puis une autre l'année suivante axée sur le foncier, avant d'effectuer une étude conseil stratégie. En parallèle, il échange beaucoup avec des paysans du même âge, via le groupe "herbe" du Civam de son département. « On se soutient mutuellement », raconte le futur retraité au journal Paysans nantais en mai dernier.

L'accompagnement dont il a bénéficié lui a permis de « lister les démarches à entreprendre et surtout de connaître les points forts et faibles de sa structure pour apprendre à la présenter ». « J'ai pris conscience qu'elle pouvait intéresser quelqu'un », ajoute-t-il. Effectivement, « elle correspondait tout à fait à ma recherche ! Je m'y suis immédiatement projetée », lance Morgane, pointant néanmoins dans une vidéo diffusée sur Facebook Watch par nos confrères de Télé Nantes, « la complexité des démarches administratives pour s'installer en agriculture, en particulier concernant le foncier ». « Il y a beaucoup d'étapes à valider pour pouvoir exploiter et produire sur des terres », insiste-t-elle. 

Je m'y suis immédiatement projetée.

(1) « Sociétés coopératives créées en 2010 pour répondre aux besoins d’accompagnement à l’installation agricole en agriculture paysanne », comme indiqué sur leurs sites internet www.agriculturepaysanne.org/CAP44-ADEAR-de-Loire-Atlantique et Ciap-pdl.fr. Elles accompagnent aussi les cédants pour la transmission de leur exploitation. 

« Content que mon outil de travail perdure »

Chaque mois, Morgane fait des allers-retours entre l'Indre-et-Loire et la Loire-Atlantique pour passer quelques jours au sein de l'élevage. En février 2020, elle déménage à 500 m pour « apprendre le métier aux côtés de l'exploitant et de son salarié depuis une vingtaine d'années, Joël », précise-t-elle sur www.miimosa.fr. Il s'agit de se familiariser avec la structure et son environnement (Cuma et autres organismes agricoles...). Pendant un mois, elle remplace l'exploitant, en arrêt maladie, et en juin 2020, elle commence un stage "paysan créatif" d'une durée d'un an. « Didier me passera le relais au 1er janvier 2022 », précise la future installée

Passer le relais progressivement.

Éleveur pendant 30 ans, ce dernier est passé en agriculture biologique dans les années 2000. Son élevage, à proximité de la Loire et du marais Audubon, compte 35 vaches laitières, pour une production de 180 000 l/an, et 75 ha (70 ha de prairies et 5 ha de mélange céréalier) avec un atelier complémentaire de vente directe de viande bovine (une douzaine de bœufs et de veaux/an). « Je suis content que mon outil de travail perdure car on voit pas mal d'exploitations partir à l'agrandissement, ou à l'abandon », confie-t-il sur Télé Nantes. L'important, selon lui, est d'anticiper la cession, pour que le projet avance tranquillement et que la transmission soit progressive.

Sur sa page Facebook Devenir éleveuse, ça me botte vachement, Morgane partage la quotidien de son troupeau et de son système, basé sur l'herbe et  le pâturage notamment. Lequel « se veut économe, autonome et respectueux du métabolisme des animaux et de l'environnement ». 

Du semis des prairies...

... jusqu'au pâturage par le cheptel : toutes les étapes sont détaillées  !

Les bêtes sont dehors de mars à novembre dans des pâtures bocagères, entourées d'une dizaine de kilomètres de haies et comportant de nombreuses mares. Et pour la ration hivernale, avoir du foin de qualité, en quantité suffisante, est essentiel.

Récolte d'herbe "participative"

C'est pourquoi Morgane doit s'équiper avec du matériel adapté. « Cela nous permettra d'intervenir au bon moment en toute autonomie », appuie-t-elle. Un investissement de 10 000 € environ pour lequel elle a fait appel au financement participatif sur la plateforme Miimosa. La jeune éleveuse a ainsi récolté 16 180 €, dépassant l'objectif de départ à 15 000 €. En plus de contribuer à « la pérennité de la ferme », cette somme facilitera « la bonne gestion des prairies, de la biodiversité et du bien-être animal ».

La jeune productrice présente son projet, en vidéo, sur Youtube :

Et elle fait suivre, en direct, l'avancée de la campagne de crowdfunding sur sa page Facebook :

La collecte servira, non seulement, à acquérir une faucheuse (6 000 €), une faneuse (2 500 €) et un andaineur (1 500 € récoltés en 48 h !) mais aussi avec les 5 000 € restants, à raccorder les pâtures au circuit d'eau. « Les vaches pourront être abreuvées en continu. Plus besoin de se déplacer avec le tracteur et la tonne à eau ! », d'où un sacré gain de temps, se réjouit la jeune femme, qui pourra également embaucher plus facilement « une personne supplémentaire à l'horizon 2024 ». Objectif : créer une fromagerie » pour transformer une partie du lait en fromages, fromages blancs et yaourts.

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Les différents paliers de financement participatif. (©Morgane Guillouroux)
 

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