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Mon projet mon avenirLait + viande pour valoriser la mixité de la Ferrandaise

 La race ferrandaise, mixte, produit du lait transformé principalement en fromage (bleu d'Auvergne, fourme de Rochefort ou d'Ambert, Saint-Nectaire) mais aussi des veaux lourds et bien conformés. (©Ferme des Marquet)
La race ferrandaise, mixte, produit du lait transformé principalement en fromage (bleu d'Auvergne, fourme de Rochefort ou d'Ambert, Saint-Nectaire) mais aussi des veaux lourds et bien conformés. (©Ferme des Marquet)

À la tête d'un troupeau allaitant de Ferrandaises dans le Morbihan, Tatiana Kucharzak veut développer la production laitière avec transformation fromagère et vente directe. Son objectif : la valorisation des doubles qualités de cette race mixte, au lait riche et à la viande goûteuse.

Titulaire d'un CAP de mécanique automobile, Tatiana Kucharzak a été salariée dans ce secteur ainsi que dans le secrétariat, la restauration... avant de découvrir l'agriculture il y a huit ans, et notamment l' élevage de vaches laitières. Elle s'informe sur le métier d'éleveuse et se fait embaucher dans des exploitations laitières, en entamant en parallèle une formation pour adultes afin de passer un BPREA (brevet professionnel de responsable d'exploitation agricole) qu'elle obtient en 2019. 

Coup de cœur pour l'élevage allaitant et les Ferrandaises.

« Pendant que je me formais, j'ai eu un coup de cœur pour une ferme allaitante dans l'Yonne, élevant depuis plus de 40 ans en bio des bovins d'une race particulière, la Ferrandaise (voir l'encadré), et des ovins », explique la jeune femme de 33 ans. Dès janvier 2020, elle s'y installe, seule. Mais les premières années ne sont pas simples : attaques de loups sur les brebis, sécheresse et manque de fourrage pour les animaux, puis confinements successifs qui « ont fragilisé la filière viande bovine suite à la fermeture des restaurants ».

tatiana kucharzak jeune eleveuse de ferrandaises dans le morbihan
Tatiana veut diversifier sa ferme le plus possible et créer des emplois. (©Ferme des Marquet)

« Élevage, pâturage, valorisation : des ateliers complémentaires »

Alors quand elle rencontre son conjoint, propriétaire de la ferme des Marquet, non exploitée, à Radenac dans le Morbihan, elle n'hésite pas longtemps à déménager à plus de 600 km, avec ses deux troupeaux. Depuis, ils envisagent de travailler ensemble et donc de reprendre un élevage laitier en agriculture biologique. Cela permettrait de «  diversifier ma production et valoriser mes vaches, de race à la fois mixte et menacée », donnant du lait riche et de qualité, et de la viande tendre, fondante et persillée, différente du veau de lait traditionnel par sa couleur, détaille l'éleveuse.

Toutes les productions − viande bovine et ovine, et bientôt lait et fromages − sont transformées et vendues en direct sur la ferme tous les matins de 10 h à 12 h, en proposant un maximum de produits. « Nos ateliers sont complémentaires au niveau élevage, pâturage et valorisation », met en avant Tatiana qui voudrait pousser la diversification encore plus loin et créer des emplois.

J'ai déménagé à plus de 600 km, avec 2 troupeaux.

Un prêt participatif de 150 000 € pour acheter le cheptel laitier et le matériel

Par ailleurs, Tatiana a ouvert en août dernier le premier point de distribution du centre de la Bretagne de la plateforme Locavor.fr, spécialisée dans la vente en circuits courts (drives fermiers) de produits locaux et rayonnant pourtant dans presque toute la France. Gérante de ce lieu de vente, la jeune femme y commercialise aussi tous les mercredis de 18 h à 19 h 30 les productions d'autres agriculteurs des alentours, qui peuvent être présents ou juste les déposer.

Qu'est-ce qu'un locavore ? Réponse ci-dessous :

Toute personne ayant une consommation alimentaire écologique, sans produits issus de la mondialisation. Quant à la plateforme Locavor.fr, elle permet « de commander des produits locaux en circuits courts aux producteurs et artisans proches de chez soi et de les récupérer chaque semaine dans un point de distribution de proximité ».

Mais l'achat du cheptel laitier et des équipements nécessaires représentent un investissement conséquent. Alors la jeune productrice s'est tournée vers le financement participatif sur la plateforme Miimosa. 150 000 € ont ainsi été collectés en septembre 2021, soit 100 % de la somme souhaitée, sous forme de prêt rémunéré, à 4 % de taux d'intérêt et amortissable avec un différé de six mois. « Cela va aussi aider à financer une partie de l'alimentation et de l'entretien des vaches, en particulier la paille, le foin et l'enrubanné. L'acquisition des terres et des bâtiments se fera dans un second temps », prévoit-elle.

Tatiana Kucharzak avait lancé d'abord un appel aux dons :

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