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[Témoignage] Mon projet mon avenirInvestir dans l'herbe grâce au financement participatif (2/2)

 À gauche, Charly Lahaye élève des Normandes (700 000 l de lait/an) dans le Calvados. Cédric Bouvet, à droite, 120 Prim'holsteins en Ille-et-Vilaine. (©Miimosa)
À gauche, Charly Lahaye élève des Normandes (700 000 l de lait/an) dans le Calvados. Cédric Bouvet, à droite, 120 Prim'holsteins en Ille-et-Vilaine. (©Miimosa)

Dans la première partie de cet article, David Escot expliquait que le financement participatif lui a permis de « valoriser des prairies non accessibles aux animaux » et de planter des arbres pour leur fournir de l'ombre l'été. Dans ce second volet, Charly Lahaye a utilisé le crowdfunding pour améliorer des chemins d'accès aux pâtures et Cédric Bouvet a installé un boviduc.

Dans le précédent article de cette rubrique, David Escot, éleveur dans la Loire, avait fait appel au financement participatif sur le site internet Miimosa pour augmenter le plus possible la part de l'herbe dans l'alimentation des ses vaches laitières et le pâturage. Ainsi, il pratique l'affouragement en vert avec une autochargeuse, ce qui lui permet de « valoriser des prairies non accessibles aux animaux ». Et dans celles qui le sont, il a planté des arbres et des haies − 500 plants environ − pour un meilleur confort de ses animaux l'été. 

Charly Lahaye, lui aussi, a décidé de recourir au crowdfunding sur la même plateforme pour l'aménagement de ses pâtures, en particulier des chemin d'accès afin « d'améliorer le bien-être du troupeau et l'empreinte carbone de la ferme ». Il faut dire que la centaine de Normandes pâturent toute l'année 140 ha d'herbe (40 ha sont cultivés en céréales pour fabriquer du pain et de la bière bio), en plein bocage normand à Landelles-et-Coupigny dans le Calvados. Le jeune éleveur de 28 ans est installé avec son père depuis six ans sur l'exploitation, transmise au sein de la famille depuis quatre générations.

« Nos vieux chemins n'étaient plus adaptés »

Le cheptel, conduit en agriculture biologique, produit 700 000 l de lait/an, livrés à la laiterie Les 2 vaches. Située dans le même département, à une cinquantaine de kilomètres, elle transforme la production de l'élevage en yaourts, commercialisés sous cette marque. Avec elle également, Charly effectue régulièrement des bilans carbone pour suivre l'évolution de l'exploitation sur le plan environnemental. Cette année, cela l'a amené à engager plusieurs actions comme il l'explique dans la vidéo ci-dessous, publiée sur Vimeo par Miimosa.

Cliquer sur le curseur pour lancer la vidéo.

« De bons accès aux pâtures, c'est prendre soin des vaches »

Le jeune producteur veut notamment aménager des voies confortables pour les animaux pour accéder aux prairies. « Nos vieux chemins n'étaient plus adaptés. Nos vaches se blessaient avec les cailloux, se salissaient les pattes et la mamelle dans la boue, fait-il remarquer. Avoir de bons accès, c'est prendre soin d'elles. » En plus d'être bénéfique au bien-être animal, « cela contribuera à réduire l'empreinte carbone de la ferme car les prairies en stockent une quantité importante », ajoute Charly. 

vaches normandes
Les vaches de Charly pâturent toute l'année sur 140 ha. (©Charly Lahaye)

Autre investissement prévu : l'achat d'un pré-refroidisseur à lait pour faire baisser sa température avant qu'il n'arrive dans le tank, et économiser de l'électricité. « L'eau tiède servira ensuite de boisson pour les vaches, qui en raffolent », précise l'éleveur. Le montant total de la facture : 34 000 € (27 000 € pour les chemins et 7 000 € pour le pré-refroidisseur. La laiterie accorde une subvention de 17 000 €. La collecte participative, elle, s'est montée à 17 785 €. Les projets de Charly vont donc pouvoir se concrétiser.

« Animaux, éleveurs, usagers : moins de risques avec le boviduc »

Quant à Cédric Bouvet, il a utilisé le financement participatif pour installer un boviduc. Après plusieurs expériences professionnelles, il a repris en 2006 la ferme familiale de 55 ha et 35 vaches laitières, à Plélan-le-Grand en Ille-et-Vilaine. Depuis, l'effectif du troupeau a bien augmenté et compte désormais 120 têtes. Le lait est produit sous le cahier des charges Bleu Blanc Cœur. « Cette démarche me tient très à cœur car elle garantit un produit de qualité, respectueux de l’environnement », insiste-t-il en répétant le mot "cœur". 

Ainsi, les vaches sont nourries avec de l’herbe et des fourrages (tourteaux de colza, graines de lin, luzerne…). Une alimentation favorable à « la santé des animaux comme des sols » grâce à des cultures fourragères qui « contribuent à réduire l’empreinte carbone de l'exploitation, contrairement au modèle maïs-soja qui repose sur un produit majoritairement issu de l’importation ». Le système est donc basé sur le pâturage mais 20 ha, à proximité de l'élevage, sont accessibles uniquement en traversant une route départementale. D'où l'idée du boviduc !

boviduc
Chez Cédric Bouvet, avec le boviduc, les animaux pourront accéder à 20 ha de prairies supplémentaires à côté de la ferme. (©Cédric Bouvet)

En plus des avantages pour le producteur et ses bêtes, ce passage souterrain, adapté au gabarit des bovins, réduit les risques d'accident pour les automobilistes. En outre, des prairies permanentes, qui ne pouvaient pas l'être jusqu'ici, seront pâturées et fertilisées par les bovins, et stockeront du carbone. Néanmoins, ce chantier représente un investissement conséquent de 50 000 €. Celui-ci va pouvoir bientôt commencer grâce au soutien financier de Grand Fermage, et au 1 650 € récolté via Miimosa, sur un premier objectif fixé à 1 500 €. Reste à poursuivre sur la même lancée pour les prochains paliers.

Journaliste installation/transmission des exploitations

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