Elle est citée, par les jeunes éleveurs depuis moins de cinq ans, loin devant l’accès au foncier. Ce dernier n’arrive également qu’en 3e position chez les futurs installés, pour lesquels la principale difficulté est de trouver une ferme. Ils ne semblent pas avoir pleinement conscience de la complexité administrative, heureusement car elle pourrait être rédhibitoire pour certains…
« La complexité administrative est ce qui freine le plus l’installation en élevage bovin », estiment 79 % des jeunes éleveurs depuis moins de cinq ans. La longueur du processus suit logiquement derrière pour 50 % d’entre eux. En troisième position seulement le foncier, à 44 %, pourtant généralement cité comme le principal frein, puis trouver une ferme (39 %) et le financement (33 %). Pour les porteurs de projet en revanche, la plus grosse difficulté est la recherche d’exploitation à 65 % devant l’accès à la terre, à la 3e place, 30 points derrière.
Logique ici aussi puisque ces chiffres sont issus du premier baromètre à l’installation d’Éloi, présenté au Salon de l’agriculture 2026, l’objectif de cette société à mission étant de faciliter la mise en relation entre des cédants sans repreneur et des personnes en quête d’une ferme où s’installer. Viennent ensuite le financement (55 %), l’accès au foncier et la complexité administrative à égalité (35 %), et enfin la longueur du processus (25 %) et la formation (5 %). La complexité administrative arrive 3e dans ce classement, à 30 points de l’obstacle le plus mentionné.
Preuve, selon Éloi, « qu’avec le foncier, la complexité administrative est sous-estimée par les futurs installés », alors que ceux qui le sont déjà en ont bien conscience puisqu’ils sont passés par les nombreuses étapes et démarches nécessaires à l’installation, que beaucoup qualifient de parcours du combattant. Pas étonnant que, tous publics confondus, 83 % considèrent l’installation comme plutôt difficile à très difficile. Un tiers des futures et jeunes éleveuses jugent, en outre, qu’être une femme est un inconvénient.
Malgré ces écueils, 77 % des enquêtés ont confiance en leur projet et 78 % en l’avenir de l’agriculture. Ce qui peut paraître paradoxal mais l’est moins lorsque l’on regarde leurs motivations pour le métier d’éleveur. 35 % choisissent en effet cette profession par passion. 13 % mettent en avant l’amour des animaux et des raisons en lien avec la transmission et la famille, 8 % la nature/le contact avec le vivant et l’autonomie/indépendance. Signalons que 38 % évoquent d’autres motifs, sans que soit précisé lesquels.
Mais 77 % des futurs et jeunes éleveurs ont confiance en leur projet, et 78 % en l’avenir de l’agriculture.
À noter : l’échantillon est à 47 % non issu du milieu agricole et comporte 22 % de femmes. 48 % des personnes interrogées sont âgées de 20-30 ans et 25 % de 30-40 ans. 55 % s’installent en individuel. 35 % sont titulaires d’un bac pro agricole, 18 % d’un BTSA, 16 % d’un BPREA, 12 % sont ingénieurs agri ou agro et 6 % n’ont aucun diplôme.
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