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[Témoignage] Mon projet mon avenir« Repenser son système pour sécuriser son installation »

Après avoir repris l'exploitation des Larrabaru, Mathieu Oyhenart a modifié la conduite alimentaire du troupeau, pour plus d’autonomie fourragère et protéique. (©Mathieu Oyhenart / EARL Agian)
Après avoir repris l'exploitation des Larrabaru, Mathieu Oyhenart a modifié la conduite alimentaire du troupeau, pour plus d’autonomie fourragère et protéique. (©Mathieu Oyhenart / EARL Agian)

En 2008, Mathieu Oyhenart s'est associé avec ses maîtres d'apprentissage avant de reprendre la ferme à leur départ en retraite. S'il a conservé l'élevage laitier, le jeune producteur a revu le système en profondeur : logement et alimentation des 60 vaches, installation de traite... Ceci pour optimiser la production (quantité et qualité), le bien-être animal, la préservation de l'environnement et le temps de travail.

Même s'il n'est pas fils de producteur de lait, Mathieu Oyhenart a « su très tôt » qu'il en ferait son métier. « Passionné par les vaches laitières et attaché au terroir » basque, il a repris en 2011 hors cadre familial une exploitation de zone de montagne à Hélette, une commune où il ne reste plus de 3 producteurs laitiers sur les 33 en place il y a 25 ans. Avec un tel nom, la "Gazteria" ou "jeunesse" en basque, cette ferme (EARL Agian) semblait vouée à être transmise, non ?

Une ferme, baptisé, la "Gazteria" (jeunesse en basque), ne peut que se transmettre !

Il faut dire que Mathieu y a fait son apprentissage à 16 ans. Une expérience qui lui a permis de « conforter » son choix de devenir éleveur. Alors en 2008, quand ses employeurs lui proposent de s'associer avec eux, leurs deux filles ne souhaitant pas prendre la suite, son projet commence à prendre forme. Il se concrétise complètement quand il s'installe à leur départ en retraite. 

mot en basque de cedants a leur repreneur
« Aujourd'hui, nous sommes vraiment fiers et heureux de voir comment Mathieu développe la ferme » : voilà ce que disent les cédants à leur repreneur dans ce mot en basque. (©Mathieu Oyhenart / EARL Agian)

« Privilégier le bien-être animal »

Les exploitants m'ont m’épaulé et conseillé au quotidien.

« La famille Larraburu a facilité les conditions pour la reprise de l'élevage et j’ai pu bénéficier de toute leur expérience. Les exploitants m'ont m’épaulé et conseillé au quotidien », raconte Mathieu. Une fois les parts sociales rachetées et les mises aux normes environnementales effectuées, il décide de « repenser son système d'exploitation ». Son objectif : « privilégier le bien-être animal pour améliorer la quantité et qualité de lait produit, et ainsi sécuriser la réussite son installation agricole. »

Pour cela, il entend jouer sur deux tableaux : le logement et l'alimentation des vaches. Au niveau du bâtiment d'abord, il intervient sur la ventilation, la luminosité et la litière. Compostée, cette dernière constitue « un fertilisant organique riche en humus stabilisé », qui « bonifie les sols de la ferme ». « Les fourrages sont moins oxydés et de meilleure qualité », confirme le jeune éleveur qui, par ailleurs, passe au libre-service pour nourrir les bêtes. 

litiere compostee pour vaches laitieres
La litière compostée constitue « un fertilisant organique riche en humus stabilisé », qui « bonifie les sols de la ferme », met en avant le jeune éleveur. (©Mathieu Oyhenart)

Diminuer l'empreinte carbone

Les résultats technico-économiques ne se font pas attendre : 620 000 l pour 60 Prim'holstein sur 45 ha. « 600 000 l sont livrés à l'usine Danone de Villecomtal-sur-Arros et le restant sert à nourrir les veaux sans utiliser de poudre de lait », précise-t-il. « Heureux d’être bien dans mon projet mais conscient de la fragilité sociale de mon activité, je savais qu'il fallait poursuivre ces évolutions », reconnaît l'agriculteur. 

Conscient de la fragilité sociale de mon activité, je savais qu'il fallait poursuivre ces évolutions.

Il participe alors au programme environnemental "Les 2 Pieds sur Terre" et de performance "Daniperf" de sa laiterie. Il effectue un bilan carbone avec l’outil Cap'2ER de l’idele. Ainsi, il pourra diminuer l'empreinte carbone de l'élevage de 1,26 kg eq CO2 par litre de lait produit à 1,16 kg : soit une baisse de 16,4 % et 11,15 t de carbone évitées par an.

« Optimiser le temps de travail »

parcelle de melange fourrager
Le producteur continue de faire évoluer son système pour « progresser encore » dans les domaines de « la santé des sols et des animaux ». (©Mathieu Oyhenart)
 

Performances zootechniques, bien-être animal, préservation de l'environnement, Mathieu souhaite maintenant « optimiser mon (son) temps de travail et se faire remplacer ponctuellement ». C'est pourquoi il veut à nouveau revoir la conduite alimentaire du troupeau, pour plus d’autonomie fourragère et protéique, mais également pour progresser encore dans les domaines de « la santé des sols et des animaux ».

Pour y parvenir, il projette d'équiper la stabulation de deux brosses électriques. Puis de faire construire un silo pour stocker le maïs grain humide. Il envisage aussi l'arrêt du labour et l'implantation de méteil sur 18 ha. Budget à prévoir : 5 000, 9 000 et 4 000 € respectivement. Il désire enfin changer de salle de traite. Un investissement de 39 000 €, auquel s'ajoute l'achat d'une cellule de stockage de concentré pour 4 400 €. Cette « transition vers l'agriculture régénératrice » est soutenue par Danone à hauteur de 10 000 €. De plus, Mathieu a collecté 13 300 € sur la plateforme de financement participatif Miimosa.

Journaliste installation/transmission des exploitations

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