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[Vu sur Youtube] Cession d'exploitationLes clés d'une transmission réussie selon Michel et Sébastien

Michel transmet sa ferme laitière à un ancien stagiaire avec lequel il est resté en contact. Pour le premier, les critères de réussite de cette cession sont l'anticipation et l'ouverture aux projets du repreneur. Pour le second, une ferme fonctionnelle à un prix raisonnable. Et pour les deux, l'écoute et le partage d'expérience. « Sébastien nous surprend, il est plus performant que nous ! », concluent les cédants.

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1- L'anticipation 

Deux ans avant de céder leur exploitation agricoleMichel et Sylviane Nogre, éleveurs à Berné (Morbihan), ont contacté la chambre d'agriculture. « Plus on démarre tôt, plus on arrive à mûrir son projet », insiste Michel, qui a participé à quelques réunions "transmission". Lesquelles lui ont permis de « mieux saisir le cheminement et la préparation » nécessaires. Le couple a aussi suivi plusieurs formations avec les différents experts du domaine, afin d'y voir plus clair sur les démarches et les diverses stratégies possibles.

Plus on démarre tôt, plus on arrive à mûrir son projet.

2-  Du foncier et des bâtiments fonctionnels

La ferme compte 44 ha, dont 38 ha rassemblés autour des bâtiments avec la possibilité de fonctionner en système pâturant. Petit bémol : la trentaine d'hectares, en location, se sont retrouvés à la vente et les cédants craignaient que cela pose problème à leur repreneur. Ils contacté le RDI (répertoire départ installation) et la Safer pour s'acquitter de l'ensemble des démarches. Et pour que « tout soit le plus claire possible » pour leur successeur.

Que tout soit le plus claire possible pour le repreneur.

Michel et Sylviane avaient gardé contact avec un ancien stagiaire, qui continuait de faire des remplacements sur la ferme. Au cours d'une de ses visites, ils lui ont fait part de leur volonté de transmettre l'exploitation. Sébastien Le Goff a tout de suite été intéressé, ses parents ayant une structure nécessitant beaucoup de travaux avant de s'installer, avec peu de surface autour des bâtiments. Chez Michel et Sylviane, il peut s'orienter comme il le souhaite vers l'élevage herbager, afin « d'être plus autonome ».

Un accompagnement extérieur pour désamorcer les conflits.

En outre, les bâtiments plus fonctionnels permettent de limiter les investissements à l'installation. « Je savais où j'allais », résume-t-il. Même si cédants et repreneur sont se connaissaient bien, un accompagnement extérieur a été bienvenu pour désamorcer d'éventuelles tensions qui auraient pu surgir au moment de la transaction, « car dès qu'on parle d'argent... », ajoute Sébastien.

3- Se donner les moyens que ça fonctionne

« La transmission est un moment important » dans la vie d'un agriculteur, souligne Michel. « On a travaillé pendant 40 ans sur la ferme, c'est un peu comme notre bébé. Alors il faut tout faire pour la transmettre, notamment des concessions, et se donner les moyens que ça fonctionne, sans leurrer toutefois celui qui désire reprendre sur les réels atouts de la structure. » Il faut de la « transparence », appuie-t-il.

Il faut de la transparence, ne pas leurrer le repreneur !

Parfois, le cédant doit accompagner les évolutions souhaitées par le repreneur. Sébastien, par exemple, voulait passer en bio. Or « ça ne se fait pas du jour au lendemain ! », lance-t-il. Alors, avant son installation, ensemble avec Michel et Sylviane, ils ont implanté des pâtures. « Sébastien est plus performant que nous, se réjouit Michel. Il nous a surpris ! Nous savions qu'il avait des capacités et il a aussi beaucoup appris en allant bourlinguer ailleurs. »

Quand le cédant accompagne le projet du jeune.

Et Sébastien d'alerter sur les choix des cédants, déterminants les dernières années de leur carrière : « Ils ne doivent pas trop investir, afin de ne pas faire grimper exagérément le prix. Mais il faut que la structure soit fonctionnelle pour travailler sereinement les 5 à 10 premières années. » Il conseille enfin de travailler quelque temps sur l'exploitation pour voir si elle convient. Car de simples visites ne suffisent pas. « C'est un projet de vie, mieux vaut ne pas se louper ! »

Les choix de fin de carrière sont déterminants.

Journaliste installation/transmission des exploitations

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