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Durabilité des systèmes lait et viandeDes écarts plus importants entre exploitations qu'entre filières

A travers le Réseau d'élevage Inosys, l'Institut de l'élevage cherche à évaluer la durabilité économique des filières ruminants. (© Pixabay)
A travers le Réseau d'élevage Inosys, l'Institut de l'élevage cherche à évaluer la durabilité économique des filières ruminants. (© Pixabay)

L'Institut de l'élevage a tenté de comparer la durabilité économique des systèmes de ruminants. Entre 2014 et 2019, les systèmes laitiers ont en moyenne permis une meilleure rémunération de l'éleveur, avec une meilleure rentabilité du capital investi qu'en système allaitant. Les écarts de résultats entre les filières lait et viande sont cependant moins importants que les écarts entre exploitations d'une même filière.

La moitié des exploitations laitières génère au moins 2 SMIC par UMO

Entre 2014 et 2019, le revenu disponible par UMO est plus élevé en production laitière qu'en production allaitante d'après l'étude sur la durabilité économique des élevages de ruminants proposée par l'Idele. Si les données obtenues via les Réseaux d'élevage Inosys permettent d'avoir un aperçu des résultats économiques des exploitations, il est à noter qu'elles sont issues de structures aux dimensions et résultats économiques supérieurs à ceux de la moyenne nationale. 

Ainsi, la moitié des exploitations laitières du Réseau Inosys arrive à générer 2 Smic par UMO, alors que seul un tiers des exploitations en bovin viande atteint ce niveau. Indépendamment des productions, les revenus des agriculteurs apparaissent très disparates selon les systèmes. Si l'on note une différence de revenu moyen de 5 000 € annuels entre les exploitants en lait et en viande, les écarts au sein des filières sont beaucoup plus importants. On observe une différence de près de 20 000 € de revenu disponible par UMO entre les 25 % les moins résilients, et les 25 % ayant la meilleure efficacité économique en filière bovine. 

Pour les exploitations bovin viande, c'est surtout l'insuffisance de l'EBE qui limite la rémunération de l'éleveur entre 2014 et 2019, alors que la production demande d'importantes immobilisations en capital. La hausse actuelle des prix de la viande laisse toutefois espérer une embellie. 

L'élevage allaitant apparaît davantage dépendant des aides. Le produit d'un éleveur bovin viande repose en moyenne à 28 % sur les aides Pac. Les aides représentent plus du tiers du produit brut d'un éleveur allaitant sur quatre. Pour les systèmes laitiers, la dépendance aux aide est moindre, avec en moyenne 16 % du produit brut constitué des aides Pac

Davantage d'actifs immobilisés en système allaitant

Les ateliers viande requièrent davantage d'actif immobilisés hors foncier (375 700 € en moyenne) que les ateliers lait (318 100 € en moyenne). Cela s'explique notamment par la valeur allouée au cheptel bovin. La rentabilité du capital est également plus limitée. Il faut en moyenne immobiliser 7 € d'actifs afin de dégager 1 € d'EBE en bovin viande, contre 5 € en élevage laitier. Les 25 % d'exploitations laitières les plus efficientes mobilisent moins 3,5 € d'actifs pour générer 1 € d'EBE. 

De marges de sécurité très faibles quelle que soit la filière

Les exploitations laitières sont davantage spécialisées, et donc plus vulnérables aux aléas. En moyenne, 82 % du produit d'exploitation est réalisé par l'atelier laitier (76 % pour les exploitations allaitantes). 

Les marges de sécurité dégagées par les éleveurs bovins sont très faibles. Si l'on considère une rémunération de l'éleveur à hauteur de deux Smic/UMO, la marge de sécurité moyenne en élevage allaitant est négative, à - 2 800 € , et positive en élevage laitier aux environs des 2 300 €. Beaucoup d'exploitants parviennent cependant à se créer une marge de sécurité plus importante en s'octroyant un niveau de rémunération inférieur à deux Smic/UMO.

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