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Sol-plante-animalQuestionner la cohérence globale de son élevage

Avoir une vision globale de son système (en incluant le sol, la plante et l'animal) permet d'acquérir plus d'autonomie.
Avoir une vision globale de son système (en incluant le sol, la plante et l'animal) permet d'acquérir plus d'autonomie. (©Terre-net Média)

Gagner en souplesse de travail, augmenter son revenu, diminuer ses charges : quelles que soient les motivations de l’éleveur, appréhender le système dans sa globalité est indispensable pour prioriser, réaliser et pérenniser les changements sur son exploitation. Dans la conception et le pilotage de systèmes d’élevage répondant aux principes de l’agroécologie, tout est question d’équilibre.

Durant plusieurs décennies, l’approche analytique des systèmes d’élevage a été privilégiée. La forte spécialisation des organisations agricoles a contribué à cela avec une segmentation des angles d’intervention sur l’élevage : reproduction, sélection génétique, santé des animaux, cultures, alimentation et nutrition, contrôle de performances, etc. Or, dans un agroécosystème, une intervention locale a une incidence globale : chaque modification ou perturbation d’un élément a un impact sur l’ensemble du système.

De l'équilibre du sol, dépend l'équilibre de la plante, de l'animal et de l'homme. » André Voisin

Exemple : si un sol est carencé en un élément minéral, il assure difficilement la nutrition de la plante. Si cette plante est carencée en cet élément, elle impacte l’équilibre minéral du fourrage constitutif de la ration distribuée à l’animal. Si la ration n’est pas suffisamment rééquilibrée, c’est la santé de l’animal qui peut être affectée.

Appréhender la cohérence sol – plante – animal

Appréhender le sol et les notions de fertilités physico-chimique et biologique est central dans l’approche globale de l’élevage. Un sol vivant est en mesure de mieux tamponner les aléas climatiques (sécheresse, excès d’eau, etc.), de produire de la biomasse végétale en quantité et qualité, tout en fournissant des services écosystémiques multiples.

En amont de la conception d’un système d’élevage, il est essentiel de déterminer la capacité de production du pédoclimat en s’aidant de repères. Pour cela, différents outils vont être utiles : analyse et profil de sol, rendement fourrager des cinq dernières années, repérage des évènements climatiques extrêmes, répartition de la pluviométrie.

Afin d’analyser l’équilibre de la cohérence sol-plante-animal d’un système et de dégager des pistes d’ajustement, il convient de positionner l’analyse du système dans un ordre précis :

1/ Prendre en compte le potentiel de production permis par le milieu est un facteur clé dans le raisonnement du système d’élevage : c’est lui qui conditionne en grande partie le potentiel de production des cultures et fourrages.

2/ Définir un système de culture : des rotation et ITK qui maximisent la couverture du sol et la production de biomasse végétale aérienne et souterraine en adéquation avec le pédoclimat.

3/ Dimensionner la composante animale et les conduites d’élevage associées.

Cohérence sol-plante-animal
Partir du potentiel du pédoclimat pour dimensionner les composantes végétales et animales selon les objectifs et finalités de l'éleveur. (©CDA)

L’éleveur : chef d’orchestre du système

Pour l’agriculteur, cette cohérence d’ensemble doit être alignée avec ses finalités et ses objectifs. Un système résilient maximise ses marges de manœuvres face aux contraintes extérieures : changement climatique, conjoncture économique, disponibilité en main d’œuvre, etc.

S’engager dans une démarche de transition agroécologique à l’échelle de son élevage demande du temps et repose sur un apprentissage progressif : l’agriculteur est challengé dans sa posture. Celui-ci est amené à manier de nouvelles notions, à questionner certains de ses critères de performance, à faire évoluer son regard sur son milieu de production.

Par exemple, rejoindre un cadre collectif permet de conforter les choix entrepris et de réduire les incertitudes liées au changement de pratiques en partageant la prise de risque inhérente au changement.

Du constat à l’action

La nécessité d’établir un diagnostic de la situation initiale est primordial. La réalisation d’un bilan fourrager pour un élevage herbivore constitue une clé d’entrée intéressante pour approcher la cohérence du système et identifier les voies de progrès.

Ainsi, dans l’un des ateliers proposés par Emilie Ollion et Sébastien Roumegous du Centre de développement de l’agroécologie, les éleveurs sont amenés à questionner et réfléchir l’équilibre entre la gestion du sol, celle des systèmes de cultures et la conduite de l’élevage, cela dans un cadre d’objectifs et de contraintes propres à chaque éleveur :

Réaliser un bilan fourrager
La réalisation d’un bilan fourrager pour un élevage herbivore constitue une clé d’entrée intéressante pour approcher la cohérence du système, identifier et chiffrer les voies de progrès. (©CDA)

Afin d’évaluer la cohérence d’un système d’élevage sur la base de son équilibre sol-plante-animal, aller jusqu’au chiffrage économique est un levier puissant de prise de conscience de certains décalages ou inadéquations et surtout des marges de manœuvre et perspectives d’évolution pour l’éleveur.

Calculer la marge brute d’un atelier (produits - charges opérationnelles) est intéressant. Aller jusqu’au chiffrage des coûts de production (+ charges de structures) permet d’identifier les postes de dépenses prédominants (système d’alimentation, mécanisation, frais d’élevage et bâtiments, etc.) et de les exprimer en fonction de l’unité produite (t MS, 1 000 litres de lait, kg de viande vive ou kg équivalent carcasse).

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