En 2022, le groupe coopératif Agrial s’est engagé à réduire son empreinte carbone de 35 % en 2035 par rapport à 2019. « Soit -35 % fixés à l’amont, qui inclut une séquestration du carbone, et -50 % fixés à nos scopes 1 et 2 », précise Pascal Le Brun, président d’Eurial, la branche lait d’Agrial. L’empreinte des scopes 1 et 2 (ou « périmètres » en français) concerne les émissions de gaz à effet de serre générées par les activités de transformation et leurs consommations énergétiques.
Comme Lactalis et Sodiaal, Eurial-Agrial s’appuie sur la certification internationale Science-Based Target initiative (STti) pour démontrer le sérieux de sa démarche. Depuis 2022, ce label demande aux entreprises d’intégrer l’agriculture dans leur plan de décarbonation. Pour Eurial, cela passe d’abord par un état des lieux des émissions de GES de ses adhérents (2 835 en lait de vache conventionnel). Comme Sodiaal avec SelfC02, elle fait le choix de l’autodiagnostic Carbon’Diag lancé cet hiver, mis à jour une fois par an par l’adhérent. « Carbon’Diag est une méthode simplifiée de calcul de l’empreinte carbone de toute l’exploitation, et non pas du seul atelier laitier. Coopérative multiproduction, Agrial a besoin d’un outil qui couvre l’amont de toutes ses activités », selon Pascal Le Brun.
400 autodiagnostics réalisés
Depuis le 1er janvier, quatre cents adhérents de la branche lait l’ont réalisé, hors diagnostics CAP2’ER niveau 1 et 2 faits par ailleurs. Pour accélérer le processus, il est gratuit depuis le mois de juin. « Les 300 € qui étaient demandés sont désormais financés par la branche lait », assure Pascal Le Brun. L’objectif est de 40 % d’autodiagnostics fin 2024 et 80 % fin 2025. Les éleveurs sont aidés par les techniciens d’Eurial. Les bilans abonderont la base nationale qui centralise les résultats des exploitations laitières françaises. En lait de vache conventionnel, Eurial est en train de finaliser une grille de primes qui tiendra compte de celles mises en œuvre dans les autres laiteries. L’enquête non exhaustive de « L’Éleveur laitier » recense un montant maximum de 5 €/1 000 l. « Les critères de versement ne sont pas encore aboutis. Nous avons besoin de données faciles à récupérer et incontestables », confirme Pascale Le Brun. Il lui faut aussi trouver les financements nécessaires à cette nouvelle rémunération.
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