Vendredi dernier, l’ambiance était morose autour des broutards à Châteaubriant. Le marché, qui figure parmi les références pour le cours du maigre, a perdu 16 centimes sur le Charolais U de 350 à 400 kg. Il cote aujourd’hui à 5,85 €/kg vif, contre plus 6 €/kg il y a trois semaines. « Le commerce est long, avec des invendus en fin de marché pour des négociants qui ne veulent pas brader la marchandise », décrit Laurent Chupin pour ActiOuest à l’issue de la séance.
Le cours du broutard lourd décroche
Depuis, les portes de l’export ont réouvert. À Mauriac, le foirail reprenait du service le 3 novembre après deux semaines d’arrêt avec des prix comparables à ceux de début octobre. Compter 6,19 €/kg vif pour des Limousins U de 350 à 400 kg. Même constat aux Hérolles, où le broutard léger s’est maintenu ce lundi.
Mais c’est du côté des animaux lourds que le bât blesse. « Les broutards de plus de 430 kg ont du mal à se vendre », relate un exportateur. « En deux semaines de temps, les broutards qui faisaient 400 kg lors de la fermeture de l’export ont pris 30 kg et sont plus difficiles à écouler. » Sur Mauriac, la réouverture a fait perdre 20 centimes du kilo vif au Limousin U de 400 à 450 kg. Il avoisine aujourd’hui les 5,92 €/kg.
« Produire 1 kg de viande coûte 2 à 3 € selon les modèles. Les engraisseurs n’ont aucun intérêt à acheter des kilos tout faits à 6 € », décrypte le négociant. D’autant que le système italien invite les éleveurs à garder les bovins au moins 6 mois, avec des primes autour de 80 € par broutard.
Animaux vaccinés : vers un marché à deux vitesses ?
Le cas des animaux vaccinés pose également question. Si initialement, seuls les animaux de Savoie et Haute-Savoie étaient concernés, le développement de nouvelles zones réglementées gonfle le rang des bovins interdits d’export. « Il va falloir se pencher sur le statut de ces animaux si l’on ne veut pas d’un marché à deux vitesses », lance l’exportateur. Les principaux syndicats agricoles militent dans ce sens. L’objectif : mettre en place des accords bilatéraux autorisant le commerce d’animaux vaccinés avec nos partenaires historiques.
Le cours des veaux très affecté
Le marché du jeune veau semble quant à lui plus complexe. À Lezay, les veaux Holstein de plus de 55 kg étaient côtés à 260 € le 4 novembre. Cette année, la baisse saisonnière des cours s’est heurtée à la fermeture de l’export vers l’Espagne, et le développement de la dermatose de l’autre côté des Pyrénées n’est pas de bon augure pour les prix.
« L’Espagne n’est pas du tout dans la même situation que l’Italie », détaille le marchand. Après un cas dans la plaine du Pô fin juin, aucun nouveau cas ne s’est déclaré dans la région. De son côté, l’Espagne gère la propagation de la maladie. « Il n’y a pas eu que des restrictions de transport entre la France et l’Espagne, il y a également des contraintes en interne à l’échelle des provinces. » Même si les engraisseurs ont besoin de matière pour faire tourner leurs ateliers, l’heure est à la méfiance. « On voit la détresse que génèrent les abattages sur nos structures, mais imaginez si un cas est détecté chez un engraisseur de plus de 3 000 têtes ? », interroge l’exportateur.
La dermatose ne doit pas nous faire oublier que nous manquons de vaches.
Mais l’arrivée de l’hiver laisse présager un répit pour les éleveurs. Les températures plus basses devraient à terme permettre de freiner le développement de la maladie, et laisser les fondamentaux du marché s’exprimer : « La dermatose ne doit pas nous faire oublier que nous manquons de vaches. »
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