Éleveur sur deux sites, Patrick Feuillet cherchait une solution pour pailler un de ses bâtiments avec un seul tracteur. Grâce à une rampe de chargement pour la pailleuse, plus besoin des bras pour présenter les ballots à la machine !
Lorsqu’il s’est installé — il y a 42 ans — sur la ferme familiale en Thiérache, Patrick Feuillet n’avait pas peur de se faire les bras. Mais au fil des ans, l’agriculteur s’est mis à miser sur l’ingéniosité pour réaliser les tâches du quotidien. Alors que l’heure de la retraite approche, l’agriculteur « aimerait montrer aux autres agriculteurs qu’il y a des solutions pour réduire la pénibilité du travail ».
Son astuce : une rampe de chargement pour sa pailleuse. « J’ai deux sites », détaille Patrick, « un dans l’Aisne, et un dans les Ardennes distants d’un kilomètre ». Seule contrainte : la deuxième cour de ferme ne comprend pas de tracteur. Alors pour charger la pailleuse, l’agriculteur a longtemps misé sur les bras. « Au début, je posais ma balle par terre, puis je la faisais rouler vers la pailleuse », détaille l’agriculteur. « Les années passant, je me suis mis à utiliser la pente pour faire rouler la boule vers la machine ; en vieillissant, on optimise ses gestes ». La tâche restait difficile. « Une balle, ça fait facilement 400 ou 500 kilos, voire plus si elles sont humides », rappelle l’agriculteur.
Bricoleur, l’agriculteur s’est donc mis en tête de développer une astuce permettant de présenter la balle sans trop d’efforts. « L’idée, c’était d’avoir une rampe inclinée, pour présenter la boule à la pailleuse, et un arrêtoir pour la maintenir en place le temps d’arriver ». Pour la rampe, une ancienne barrière a fait l’affaire. Tout l’enjeu était alors de trouver le bon angle : suffisamment pour que la balle tombe, mais pas trop pour ne pas abîmer la machine. Même problème avec l’arrêtoir : « positionné trop bas, la balle passait au-dessus ».



Un amortisseur de moto a ensuite été installé sur l’arrêtoir. Un système qui permet à la porte de la pailleuse de le faire basculer afin de réceptionner la balle. « Pas besoin de pousser la balle ni des mains, ni du dos : tout avec la tête », sourit Patrick. L’installation lui permet donc de pailler avec un seul tracteur attelé sur la pailleuse doté d’une hydrofourche. Pas besoin d’un second télescopique.
L’éleveur ne regrette pas ses choix : « Je ne mets plus de ceinture de contention, et je n’ai plus mal au dos ». Au-delà de l’astuce, il y voit une manière de concevoir l’agriculture autrement « quand on vieillit, on ne saute plus au-dessus des barrières comme avant. L’élevage est un métier physique, et cela reste important de se préserver ».

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