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Crise de l’élevageUn climat de plus en plus explosif

Malgré « l’engagement » des industriels à augmenter le prix de la viande dès cette semaine, les éleveurs de bovins viande continuent leurs actions syndicales, notamment dans le grand Ouest. Que ce soit en lait, viande bovine ou porc, les pressions pour exiger des transformateurs et distributeurs une revalorisation des prix se font de plus en plus fortes.

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Des feux allumés près de grandes surfaces ou sur des ronds-points dans la Manche, du fumier déversé à Mondeville dans le Calvados, des débris pour boucher l’accès livraison d’une enseigne de Chateaubourg, en Ille-et-Vilaine… : les éleveurs du grand Ouest, à l’appel du syndicalisme majoritaire, ont poursuivi en début de semaine, leur mouvement de colère à l’encontre des enseignes de la grande distribution, toujours engagées dans une « spirale destructrice de guerre des prix ».

Des centaines d'actions syndicales ont été organisées depuis dimanche 21 juin par les éleveurs, qui attendent une revalorisation du prix de viande, promise par les industriels dès cette semaine, à raison de 5 cts €/kg de carcasse et par semaine, jusqu’à ce que le prix au kilo couvre les coûts de production « qui sont en moyenne de 4,50 euros le kilo/carcasse » selon Jean-Pierre Fleury, président de la Fnb.

Dans l'Oise notamment, la position syndicale est ferme : « Aucun animal ne doit partir en dessous d’une revalorisation de 50 centimes du kilo par rapport à la semaine dernière, toutes catégories confondues », explique la Fdsea.

Mais il n’y a pas que les producteurs de viande qui manifestent. Participent aussi aux actions les éleveurs laitiers, qui restent dans l’incertitude la plus totale quant au prix du lait au second semestre 2015.

Multiplication des actions coup de poing

En Bretagne, la colère monte de plus en plus. La Fdsea d'Ille-et-Vilaine, notamment, a appelé ses adhérents au calme pour éviter tout débordement. Lors d'une réunion, le préfet de Bretagne, Patrick Strzoda, a prévenu qu'il n'y aurait « pas d'impunité pour les agriculteurs qui multiplient les actions coup de poing ».

Ces actions, de même que d'autres en Haute-Saône, ont été largement relayées sur les réseaux sociaux :

« Il faut s'attendre à d'autres actions avant les moissons » avait ainsi indiqué Thomas Diemer au Figaro.

Les JA des régions Bretagne, Pays-de-la-Loire et Normandie ont notamment menacé de reprendre leurs actions à l'encontre des Gms mercredi prochain si des prix rémunérateurs ne sont pas obtenus.

Jeudi 25 juin, Jeunes agriculteurs et la Fnsea tiennent ensemble un conseil fédéral, où il sera question de la stratégie syndicale à venir.

Côté prix de la viande bovine, le Conseil spécialisé de FranceAgriMer sur la viande rouge a enregistré un léger frémissement des cours. Selon les catégories de viande, les hausses constatées seraient de 1 à 7-8 cts/kilo.

Rédacteur en chef de Terre-net

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