Le département de la Vendée recouvert d’un manteau neigeux, pour beaucoup d’éleveurs c’était du jamais-vu. « La dernière fois cela doit remonter à trente-cinq ans », témoigne Patrice Remaud, président de la section lait de la FDSEA 85. C’est sans doute ce caractère exceptionnel des chutes de neige, survenues dans la nuit du lundi 5 au mardi 6 janvier, suivies de pluies verglaçantes qui a contribué à fortement perturber la collecte laitière du département et d’une large zone centre-ouest, allant de la Vienne à la Bretagne, en passant par les Pays de la Loire.
Localement, les camions de lait bénéficiaient pourtant d’une dérogation spéciale à l’interdiction de circulation des poids lourds. Mais les routes devenues impraticables n’ont pas permis le ramassage dans les fermes. Selon les situations et la capacité des tanks, ce sont deux à trois jours de traites qui ont dû être jetés : « C’est au total 4 000 litres de lait qui sont partis à la fosse », témoignent Isabelle et Yvan Galerneau, éleveurs au Bernard, une commune proche du littoral et adhérents de Terra Lacta. En collecte AOP beurre de Charentes et à la tête d’un troupeau de jersiaises, leur manque à gagner est de l’ordre de 2 600 €. La coopérative a été particulièrement touchée, indique son directeur, Daniel Chevreul : « Après trente-six heures d’immobilisation des camions, la collecte a repris progressivement à partir de mercredi après-midi. Compte tenu de l’afflux de lait sur les différents sites, nous attendons un retour à la normale samedi matin. »
L’heure est désormais au recensement des dégâts. Terra Lacta incite chaque adhérent à notifier ses pertes sur son site internet. « Après cet état des lieux, le conseil d’administration se positionnera sur la rémunération du lait jeté aux éleveurs concernés. » Au sortir d’une réunion de la FRSEA-Ouest, Patrice Remaud, qui a lui-même dû jeter l’équivalent de 15 500 litres de lait, révèle une première estimation des volumes à 12 Ml sur la zone Grand Ouest.
Rémunérer tout le lait jeté
Après le temps du recensement vient naturellement la question de l’indemnisation des éleveurs concernés. « La priorité est maintenant de rémunérer tout ce lait jeté, car les contrats d’assurance individuels ne prévoient pas de clauses d’intempéries. Or, tant que le lait est dans le tank, il est sous la responsabilité de l’éleveur », explique le syndicaliste.
Dans un premier temps, il s’agit donc de voir la réponse que chaque opérateur laitier apportera à cette situation. « À ce titre, les coopératives semblent d’ores et déjà plus enclines à rémunérer les producteurs. On sent en effet que les OP (organisations de producteurs) auront davantage de difficultés à faire valoir l’intérêt de leurs producteurs. » C’est pourquoi, la FRSEA a programmé dès la semaine prochaine une rencontre avec les assureurs pour évaluer les possibilités de prise en charge, avant de mener la réflexion au sein de l’interprofession en vue d’une prise en charge mutualisée.
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