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Avez-vous déjà vu de l'affouragement en vert avec du maïs fourrage ? C'est ce que teste cette année Matthieu Opsomer, éleveur de la Somme. Ayant semé un maïs en dérobé derrière l'orge, l'éleveur préfère le récolter quotidiennement au taarup pour le distribuer en vert à ses génisses plutôt que d'ensiler quelque chose de très humide pour le remettre sur son silo principal. Il nous partage son expérience.
Matthieu Opsomer, éleveur laitier de la Somme (80) partageait récemment son retour d'expérience sur un maïs en dérobé. Au 9 juillet, il semait 3 ha de maïs derrière l'orge d'hiver. La plante a alors bénéficié de trois passages d'irrigation : au semis, 3 semaines plus tard et vers le 10 septembre.
Si le maïs a bien poussé, la récolte est pour le moins originale puisque l'éleveur le fauche au taarup à hauteur de deux routes par jour pour nourrir ses génisses. L'objectif : tenir un bon mois.
Récolter du maïs fourrage au taarup pour le distribuer en vert
Pourquoi ne pas l'ensiler ? Il explique sur la page des producteurs de lait : « Les épis sont juste formés, les grains sont encore blancs. Si je l'ensile, il coulera un bon moment et se conservera mal. Et je n'ai pas de silo vide d'avance. De plus, le taarup prend certes du temps mais je pense que c'est beaucoup plus économique. Ça devrait me coûter 150 ou 200 litres de gazoil pour passer les 3 ha et je nourris mes génisses pour un bon mois. »
Le sujet fait réagir sur la toile et beaucoup d'éleveurs le questionnent comme Benoît qui se demande « comment le grain peut être valorisé s'il n'est pas éclaté ». Matthieu explique qu'il n'est pas mûr donc pas besoin d'être éclaté. Quant à l'aspect général du fourrage après passage du taarup, il est certes un peu long mais reste appétant. Comme le fait remarquer Maxime, « l'idéal serait de trouver une ensileuse 1 rang » mais l'éleveur fait « avec les moyens du bord. » Pour autant, il reconnait que les génisses « laissent un peu les tiges au début puis les mangent quand il ne reste que ça. »
Malgré ces avantages, l'éleveur confie : « Si c'était à refaire, je ferais autre chose. Quelque chose que je pourrais faucher et enrubanner. En quatre jours, ce serait fini et on pourrait le distribuer six mois plus tard. » Mais que faire d'autre ? Là aussi, ses collègues lui font quelques suggestions : un ray-grass (bien qu'avant le blé qui suivra, ce ne soit peut-être pas la meilleure option), du colza fourrager, du moha (avec ou sans trèfle), ou encore du sorgho (avec ou sans millet perlé), « la culture d'avenir » selon certains.
Pour d'autres, le maïs fourrage reste le meilleure solution puisqu'il permet d'obtenir le plus de matière, d'autant plus avec l'irrigation. C'est notamment ce que pense Vincent qui recommande tout de même à Matthieu de l'ensiler. Et pour pallier ce défaut de maturité, il lui conseille de le mettre sur du sec, maïs ou herbe bien préfanée. Ainsi, le jus ne se perd pas (important car très riche en sucres).
De plus, côté valeur alimentaire, il en est convaincu : « Celle du maïs vert sera toujours supérieure à celle d'un sorgho. Les méteils riches en légumineuses seront supérieurs en matière azotée, mais pas en UF. Avec de l'irrigation, tu ne feras jamais mieux qu'un maïs. »
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