Dans certains supermarchés, les rayons de beurre sont vides ou en passent de l’être. Les distributeurs justifient cette pénurie par l’incapacité des industriels à les approvisionner. Des éleveurs de la FNPL vont aller en magasin dans les prochains jours pour « rétablir la vérité ». Selon André Bonnard, secrétaire général du syndicat, les distributeurs en rupture sont aussi responsables de leur situation.
« Pour les éleveurs laitiers, la situation est insupportable ». Le contexte de « pénurie de beurre » dans les supermarchés, photos de rayons vides – ou presque – à l’appui, agace André Bonnard, secrétaire général de la FNPL. Et ce à double titre.
D’abord parce que, certes le prix du lait payé au producteur se redresse depuis plusieurs semaines, « mais l’impact de la flambée du cours mondial du beurre sur la facture des producteurs devrait être plus important ».
Selon FranceAgriMer, le prix du « beurre standard 82 % MG » en France a bondi de 88,8 % entre octobre 2016 et octobre 2017. Sur la zone Europe, la tonne de beurre flambe à 6 414 € (7 563 $) à la mi-octobre 2017. Entre août 2016 et août 2017, le prix du lait réel payé aux producteurs a augmenté de 19 % (361,69 € en moyenne en août).
Ensuite parce qu’il « n’y a pas de prétendue pénurie au point que les supermarchés soient en rupture totale de beurre. » Les marchés laitiers sont déséquilibrés depuis plusieurs semaines voire plusieurs mois, à la faveur d’une demande mondiale en forte croissance. Mais, selon le syndicaliste, ce déséquilibre ne justifie pas à lui seul l’absence de barquettes dans les rayons frais. « Les distributeurs en rupture ne sont pas livrés en beurre car ils n’acceptent pas les revalorisations de prix par leurs fournisseurs. »
Des fabrications en repli, des exportations en hausse
En clair, il n’y aurait plus de beurre dans certains magasins car ils ne voudraient pas en payer le prix. Les données d’août 2017 de FranceAgriMer sont d’ailleurs intéressantes : sur les 8 premiers mois de l’année, les fabrications françaises de beurre sont bien en repli de 8 % par rapport à 2016. Sur cette même période pourtant, les exportations ont progressé de 14,4 % vers les pays tiers. Des chiffres qui laissent à penser que, dans le contexte actuel, les industriels valorisent mieux leurs fabrications à l’export que sur le marché national.
« Pourquoi il y a encore du beurre dans les rayons des magasins Système U, et plus du tout chez Intermarché ? » s’interroge d’ailleurs l’éleveur.
« Nos fournisseurs ne sont pas en mesure de nous livrer la marchandise commandée », peut-on aussi lire dans certains magasins Leclerc ou Carrefour. Un message qui agace tout autant l’éleveur. Dans certaines régions, notamment en Rhône-Alpes-Auvergne, nous allons retourner dans les magasins en « pénurie » pour changer les écriteaux et rétablir certaines vérités auprès du consommateur, prévient-il. Car il y a clairement manipulation ! » Les éleveurs de la FNPL pourraient « réinformer » le consommateur dès ce week-end dans certaines enseignes.
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