Dans le cadre de Cap Climat, programme mis en place par le réseau Gab-Frab de Bretagne avec le groupe Yves Rocher et l'Ademe, quinze éleveurs bovins bretons ont réfléchi aux pratiques d'adaptation des élevages face aux aléas climatiques. Plantation de haies, pâturage hivernal, adaptation du chargement, dérobées fourragères ou encore espèces adaptées à la variabilité du climat figurent parmi les actions déjà mises en place au sein des élevages.
Le climat change et la Bretagne n'échappe pas à la règle. Selon Météo France, les températures moyennes annuelles ont augmenté de 0,2°C à 0,3°C par décennie sur la période 1959-2009 dans cette région, avec un réchauffement plus marqué au printemps et en été. Quant aux prévisions du Giec, elles anticipent une hausse des précipitations en hiver et un recul en été. Le nombre de journées chaudes (températures maximales supérieures à 25°C) pourrait être de l’ordre de 12 à 38 jours supplémentaires. Enfin, les événements extrêmes de type sécheresse, inondation, etc. devraient augmenter.
Fort de ce constat, le réseau des agriculteurs biologiques de Bretagne (réseau Gab-Frab), en partenariat avec le groupe Yves Rocher et l'Ademe, a mis en place le programme Cap Climat en 2018. L'objectif est de « compiler et diffuser les pratiques des producteurs qui mettent en place des moyens d’adaptation aux aléas climatiques à l’échelle de leurs systèmes, mais également des pratiques d’atténuation de l’impact de leur système sur le changement climatique ».
Quinze éleveurs bovins laitiers ou allaitants, bio ou conventionnels, des pays de Redon et de l’Oust à Brocéliande, ont participé au travail d'enquête visant à déterminer des solutions pour faire face au changement et aux aléas climatiques.
Réunis en groupe de travail, ils ont retenu une dizaine de pratiques d'adaptation au changement climatique et les ont classées selon cinq indicateurs :
- L’impact environnemental de la pratique (positif, négatif, neutre…)
- Le coût lié à la mise en place de la pratique (coût d’investissement important ou non)
- Le temps nécessaire à la mise en place de la pratique (de quelques minutes à plusieurs années)
- Impact de la pratique sur les conditions de travail (temps, pénibilité etc…)
- Les conséquences de la mise en place de la pratique sur la gestion du système (n’impacte pas du tout la gestion du système ou chamboule complément l’organisation sur la ferme)
Ces dix pratiques sont :
- La plantation de haies fourragères
- Adapter le chargement
- Le pâturage tournant
- L'accès à l'eau
- Diminuer les parasites
- Adapter les périodes de pâturage
- Favoriser des espèces adaptées à la variabilité
- Les dérobées fourragères
- Valoriser les prairies humides
- Développer le pâturage hivernal
D'autres pratiques ont également été identifiées par les producteurs comme le fait de valoriser les couverts végétaux des producteurs de grandes cultures, d'augmenter les surfaces en mélanges céréaliers/protéagineux ou encore d'implanter de la chicorée et du plantain dans les prairies.
Pour s'adapter au nouveau cycle de l'herbe, il faut adapter les périodes de pâturage en faisant pâturer plus tôt et jusqu’à des dates plus avancées dans l’année ; faire plus de stocks pour valoriser les fortes périodes de croissance de printemps et aussi optimiser les récoltes d'automne puisque les faibles températures arrivent plus tard dans l'année.
Ces différentes propositions présentent également des intérêts mais aussi des difficultés résumés dans ce tableau :

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