Vêlage précoce : « mettre tous les atouts de son côté en pré-sevrage pour y parvenir »

« En fin de gestation, les anticorps de la mère se concentrent dans la mamelle, donc dans le colostrum. C’est pourquoi il est important de le distribuer de façon précoce et en quantité suffisante », affirme le vétérinaire René Fournier. (©Pixabay)

La réussite de la mise en place du vêlage précoce dans son troupeau se joue dès la naissance du veau. Soins au nouveau-né, colostrum et distribution du lait... Un vétérinaire donne ses conseils pour que les premières semaines de vie permettent la meilleure carrière possible.

Pour réussir à mettre en place le vêlage précoce sur son exploitation, la phase du pré-sevrage est cruciale pour la carrière à venir de l'animal. Dans une série de webinaires portés par MSD Santé animale, le Dr René Fournier, auparavant vétérinaire technique chez MSD Santé animale et maintenant responsable de la filière bovins lait, donne ses conseils en la matière.

Vêlage et soins au nouveau-né

Pour partir sur de bonnes bases, le mieux est de « prendre un bon départ parce que dès que le veau sort de la vache, les microbes sont dans l’environnement et peuvent le contaminer ». Dans l’idéal, il faudrait « disposer d’une aire de vêlage dédiée, paillée abondamment, et équipée d’une barrière pour se protéger. Aussi, elle doit être curée et désinfectée régulièrement, au moins tous les mois ou tous les cinq vêlages ».

Le docteur Fournier préconise d’intervenir « autant que nécessaire mais aussi peu que possible, tant que la poche des eaux n’est pas percée, le vêlage n’est pas une urgence ».

Le matériel de vêlage – seau, cordes, vêleuse –, doit être nettoyé et désinfecté après chaque utilisation. « Le vêlage est terminé quand le veau est bouclé et vacciné, si besoin de vaccination sur l’exploitation », lance le vétérinaire. Aussi, peser le veau à sa naissance permet d’avoir un poids initial pour le suivi de croissance.

Gestion colostrale et hygiène

Au travers du placenta, le veau ne peut pas recevoir les anticorps de sa mère, en conséquence, le veau naît sans défense immunitaire. « En revanche, en fin de gestation, les anticorps de la mère se concentrent dans la mamelle, donc dans le colostrum. C’est pourquoi il est important de distribuer de façon précoce et en quantité suffisante le colostrum de la mère. » Les anticorps ingérés tapissent le tube digestif du veau. Si l’apport en colostrum est fait suffisamment tôt, une partie des anticorps traversent la barrière intestinale avant qu’elle ne se referme, pour intégrer la circulation générale.

C'est aux alentours de trois semaines d'âge que le veau est le plus vulnérable aux contaminations dues à son environnement (© MSD santé animale)

Durant ses premières semaines, le veau ne dispose que de l’immunité transmise par sa mère par le biais du colostrum, mais il va développer ses propres anticorps, étant donné qu’il rencontre les germes du milieu qui l’entoure. En revanche, le développement de son immunité, acquise, est quelque peu tardive par rapport à la disparition progressive des anticorps obtenus pas le colostrum. « Le triangle rouge matérialise la période à risque maximal pour le veau, il n’est plus totalement protégé par les immunoglobulines du colostrum de la mère, et n’a pas encore fabriqué suffisamment de ses propres immunoglobulines. »

Pour limiter les risques, on peut jouer sur la quantité de colostrum ingérée dans les premières heures de vie, ou encore diminuer la pression microbienne en améliorant l’hygiène.

Mesurer et conserver le colostrum

Le réfractomètre est l’outil indispensable pour connaître la concentration en immunoglobulines, et donc la qualité du colostrum. D’autres solutions existent, telles que les colostroballs. « Moins précise, cette méthode donne une fourchette approximative de la richesse du colostrum mesurée », explique René Fournier.

Si la vache produit un colostrum riche et en quantité, il ne faut pas hésiter à le conserver.

Le colostrum peut se conserver 48 heures au réfrigérateur, au-delà René Fournier conseille d’y ajouter un conservateur, du sorbate de potassium. « Avec ça, on peut le garder au réfrigérateur jusque 7 jours, mais la meilleure des conservations reste le congélateur », lance-t-il.

Mais là encore, il y a un délai d’utilisation pour s’assurer une couverture maximale. « On recommande de conserver le colostrum six mois au congélateur. Au-delà, l’environnement de l’exploitation peut avoir beaucoup évolué, à tel point que la protection amenée par le colostrum peut ne plus être en cohérence avec celle-ci. »

Pour réduire le temps de décongélation, le vétérinaire propose de recourir à des sachets de congélation zip plutôt que des bouteilles à gros diamètre. Enfin, il conseille le bain-marie, et bannit formellement le micro-ondes.

Hygiène de distribution du colostrum et du lait

« Du pis de la vache à la gueule du veau, la moindre erreur n’est pas rattrapable, alors il faut être bon à toutes les étapes », affirme le vétérinaire. Après chaque distribution de lait, les seaux doivent être nettoyés, mais pas à l’eau chaude, sous peine de faire coaguler les protéines.

« Dans un premier temps, on rince avec de l’eau tiède ou froide, puis on lave à l’eau chaude avec un détergent – du liquide vaisselle convient très bien – avant de rincer. Ensuite, le mieux est de les désinfecter autant que possible, tout au moins si les seaux ne sont pas désinfectés systématiquement, d'allouer le même seau à chaque animal, par un système de numérotation du seau et de la case, ce qui permet de limiter les risques de contaminations croisées entre les veaux. »

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