Quelques recommandations pour bien loger ses veaux laitiers

Veaux en niche
En système conventionnel, la règlementation interdit le logement individuel au-delà de huit semaines, alors que le cahier des charges bio l’interdit après sept jours. (©Terre-net Média)

Un bon logement des veaux est crucial pour un bon démarrage dans la vie. Entre logement individuel, niches, cases, logement collectif, igloos ou autres… L’hygiène et l’ambiance globale de l’espace de vie restent les points les plus importants, à concilier avec praticité du travail et faisabilité selon l’exploitation.

Face à la multitude de systèmes de logement qui existe, « un bon logement doit répondre aux besoins du veau et s’adapter aux méthodes de travail de l’éleveur », annonce Laurine Vancraeynest, conseillère environnement et bâtiment pour Avenir Conseil Elevage. À l’occasion du rendez-vous annuel d’Avenir Conseil Elevage, « Les Hivernales », la conseillère a fait un point de rappel sur les conditions de logements des veaux, passant en revue les recommandations en termes de logement individuel et collectif, hygiène et ambiance en bâtiment.

Très prisé pour les premiers jours de vie : le logement individuel

Le logement individuel est conseillé de la naissance à trois semaines d’âge, « ce type de logement permet notamment de limiter les contaminations. Quand il est choisi, il faut prévoir un nombre de places suffisant pour le vide sanitaire, l’isolement au besoin, et choisir des matériaux dont le nettoyage est facile », explique la conseillère.

En système conventionnel, la règlementation interdit le logement individuel au-delà de huit semaines, alors que le cahier des charges bio l’interdit après sept jours.

Quel que soit le mode de logement choisi, Laurine Vancraeynest assure : « La disposition des veaux doit être faite de manière que les veaux puissent interagir avec un ou plusieurs congénères. Aussi, après chaque passage d’un veau dans le logement individuel, le nettoyage et la désinfection sont indispensables. Le sec et le soleil sont de très bons désinfectants ».

Quels atouts pour la niche ? Et pour la case ?

Parmi les différentes possibilités de logement individuel des veaux, la niche individuelle « permet de créer une zone de microclimat, est facile à mettre en place, et présente des facilités pour ce qui est du curage et du vide sanitaire. En revanche, elle nécessite une certaine place au sol dans l’exploitation, et demande une bonne vigilance de la part de l’éleveur notamment pour ce qui est de la surveillance des animaux ».

La case individuelle, quant à elle, « permet une surveillance des veaux plus aisée, et un meilleur confort de travail si le local est adapté. À l’inverse, il faut veiller à l’ambiance globale du bâtiment -température, aération et humidité ».

Prévoir un isolement pour les veaux malades et les veaux mâles a toute son importance. « Isoler un animal malade pour limiter la contagion par le biais d’un logement spécifique, et mettre les veaux mâles à part -avec un accès marchand- permet d’éloigner le renouvellement de tout risque de pathologies ».

Le logement collectif

Après la période en individuel, vient le logement collectif des veaux. Pour la conseillère, « dans la conception des parcs collectifs, on doit rechercher la meilleure homogénéité des lots -trois semaines d’écart d’âge maximum ».

La cohérence au niveau des places de couchage et des places à l’auge n’est pas à négliger, tout comme la praticité au curage, « s’il n’y a pas de quai auto-nettoyant pour y maintenir les veaux lors du curage, on peut opter pour un parc plus long avec une barrière au milieu », commente Laurine Vancraeynest.

(© Avenir Conseil Elevage)
« La désinfection, être méthodique pour être efficace »

Laurine Vancraeynest recommande « un vide sanitaire d’une durée de trois semaines au moins, avec lavage et désinfection des surfaces et équipements entre chaque animal ou lot d’animaux. Pour une désinfection efficace, elle préconise d’être méthodique : curage du bâtiment dès la sortie des animaux, nettoyage à haute pression -à l’eau chaude si possible-, puis une désinfection avec un produit à large spectre -bactéricide, virucide, fongicide et ookysticide ».

La mise en place d’une marche en avant permet de limiter les risques de contaminations, « on commence par aller voir les veaux lorsque nos bottes sont encore propres ; les plus jeunes et sains pour commencer et les malades à la fin ».

« De l’air mais sans courants d’air »

Un bon renouvellement de l’air permet d’assainir l’air ambiant en évacuant l’humidité. « Une humidité importante et un air "stagnant" constituent des conditions favorables pour accentuer la pression sanitaire. Il faut de l’air mais sans courant d’air », lance la conseillère.

Des exigences thermiques différentes selon le stade de vie du veau. (© Avenir Conseil Elevage)

D’après Laurine Vancraeynest, « le veau est beaucoup plus sensible à la chaleur qu’au froid, il faut veiller aux nurseries surchargées en été ». Compter entre 5 et 7 m3 d’air pour des veaux de 0 à 2 mois et entre 10 et 12 m3 pour des veaux de 2 à 6 mois.

Elle alerte sur les écarts de températures trop importants, « pas plus de 6°C d’écart de température journalier idéalement ». Un bon renouvellement de l’air combiné à un contrôle des températures, constitue les bases d’un logement réussi.

Pour éviter les retombées d’air froid sur le dos du veau, on peut créer un microclimat à l’aide de faux plafonds amovibles, de parois pleines entre les parcs -pour casser les courants d’air-, ou encore par l’utilisation de manteaux pour veaux.

Réagir à cet article
Bons plans
Aperçu des marchés
Vaches, charolaises, U= France 7,69 €/kg net +0,03
Vaches, charolaises, R= France 7,55 €/kg net +0,05

Météo

Un tarissement sécurisé pour optimiser le début de lactation

Tarissement

Tapez un ou plusieurs mots-clés...