Élever ses veaux sous nourrices présente de nombreux intérêts. Bien-être animal, gain de temps, réemploi des vaches de réforme... Mais cela demande une certaine rigueur, ne serait-ce que pour choisir la bonne nourrice et faire adopter les veaux ensuite.
Cyrielle Corbier, vétérinaire conseil chez Littoral Normand, abordait récemment le sujet du contact veau avec sa mère dans un article dédié : Laisser le couple mère/veau laitier ensemble la première semaine. Dans une vidéo postée sur la chaîne Youtube de Littoral Normand, elle traite maintenant des veaux élevés sous nourrice, « une pratique qui se développe en élevage », constate-t-elle. Car en effet, les bénéfices sont nombreux :
- bien-être animal : comportements naturels, besoin de succion comblé, contact avec les congénères, meilleure santé, bonne croissance donc mise à la reproduction plus rapide, pâturage dès le plus jeune âge, etc.
- pour l'éleveur : gain de temps (plus de contrainte fixe quant à l'horaire des buvées, même s'il faut tout de même aller voir que tout se passe bien), réutilisation des vaches moins productives sans besoin de réformer, respect du cahier des charges bio pour la sortie rapide des veaux...
L'adoption doit être totale avant la mise à l'herbe
Pour autant, cela ne se fait pas d'un coup de baguette magique : « Les animaux n'ont pas de lien de filiation entre eux, ce n'est pas comme laisser le veau avec sa mère, ça ne se fait pas aussi naturellement. » La vétérinaire nous liste les grandes étapes à respecter :
1/ Réserver une case dédiée à la nourrice, avec le ou les veaux à adopter (ne pas mettre plusieurs nourrices ensemble tant que l'adoption avec les veaux n'est pas totale) ;
2/ Adapter le nombre de veaux en fonction de la production de la nourrice et choisir des veaux du même âge. Ne pas mettre le propre veau de la nourrice dans le lot, sinon elle délaissera celui qui n'est pas le sien ;
3/ Avant le premier contact veau/nourrice, ne pas nourrir le veau ni traire la vache pour que le lien se crée plus facilement.
« Il faut y passer un peu de temps. Si au bout de 5-7 jours ce n'est pas bien installé, il faut changer de stratégie et les séparer car ça n'ira pas mieux et cela s'empirera quand les animaux seront dehors. Il faut vraiment que l'adoption soit totale avant la sortie au pâturage. »
Garder une réforme pour en faire une nourrice
« L'élevage des veaux sous nourrice, lorsqu'il est bien pratiqué, génère aussi des économies car la période improductive de la génisse est réduite grâce à une croissance rapide. Mais d'un autre côté, c'est aussi du lait qui ne va pas dans le tank, d'où l'importance de bien choisir sa nourrice. S'il s'agit d'un animal prévu à la réforme, c'est gagnant ! S'il s'agit d'une vache en production réorientée, ça peut être onéreux quand même », avoue Cyrielle Corbier.
Comment choisir la bonne vache ? Pour la vétérinaire, plusieurs critères entrent en compte : « Il en faut une qui produit suffisamment, avec de bonnes qualités maternelles et qui entretient une bonne relation avec son éleveur car celui-ci sera amené à vérifier la mamelle (risque de gerçures plus important qu'en circuit traite), manipuler les veaux, etc. Mieux vaut qu'elle donne le bon exemple ! On peut choisir une vache boiteuse, ce sera bénéfique pour elle qu'elle soit écartée du reste du troupeau, mais pas trop non plus : elle doit pouvoir se tenir suffisamment longtemps debout pour allaiter ses veaux. Quant aux vaches à cellules, le fait que la mamelle soit très sollicitée peut être bénéfique pour sa guérison, en revanche il faudra éviter les vaches à mammites car des études prouvent que les veaux peuvent devenir porteurs asymptomatiques des germes avec un risque plus important de développer des mammites à l'âge adulte. »
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