À la ferme Desclaye en Belgique, les veaux sont élevés sous vaches nourrices. Une méthode qui assure un gain de temps quotidien et une bonne croissance des animaux. Mais ce n’est pas si facile à mettre en place. Marc-André Henin nous explique sa technique.
C’est en Wallonie, sur la commune de Beauraing que Marc-André Henin élève ses 85 vaches laitières et 50 génisses pour produire près de 400 000 litres de lait par an en bio. Ici, l’élevage des veaux se fait sous nourrices. « Grâce à ça, on a fortement réduit notre charge de travail et améliorer le bien-être des animaux », estime l’éleveur qui parvient tout de même à faire vêler ses primipares à 2 ans.
Pas de concentré avant 8 mois
« Les veaux ont du lait frais à bonne température ce qui favorise la digestion. Ils tètent 8 à 10 fois par jour et même s’ils prennent de petites quantités à chaque fois, ils ont une plus grande ingestion au final. »
Les vêlages sont groupés au printemps donc les veaux sont principalement dehors et l’éleveur l’affirme : « Nous n’avons aucun problème de diarrhée, ni de problème sanitaire. Avec l’élevage sous nourrices, on a amélioré leur santé. Les veaux ne voient jamais le vétérinaire. » Et ils n’ingèrent pas non plus de concentré avant leurs 8 mois.
Bien choisir ses nourrices
L’élevage des veaux sous nourrices a été initié en 2021 sur cette ferme et Marc-André l’avoue : « Il nous a fallu 2 ans pour bien le maîtriser. On a eu de la casse les deux premières années. » Son conseil : persévérer ! « Le plus dur au début c’est de choisir les vaches qui seront nourrices. » Ici, ce sont de bonnes productrices qui ne sont plus adaptées à la traite (car trop âgées ou avec des problèmes de boiteries). « C’est plus facile avec des vaches qui viennent de vêler car leur instinct maternel est très fort à ce moment-là. »
Concrètement, l’éleveur isole la vache avec 2 à 3 veaux dans un parc pour qu’elle les accepte. Lorsque c’est bien parti, il met dans un même lieu 2 ou 3 vaches ensemble avec leurs veaux. « Il ne faut pas les mettre tous ensemble du départ pour que les veaux soient bien rattachés à leur nourrice et qu’il n’y ait pas 5 veaux sur une même vache. »
Créer du lien de confiance avec les futures primipares
Une fois la technique bien partie, c’est un gain de temps important au quotidien. Mais l’éleveur alerte : « Attention à ne pas négliger le contact avec les animaux ! » En effet, on parle là des génisses de renouvellement, qui intégreront le troupeau ensuite, elles ne doivent pas être sauvages.
« On se force à créer des tâches quotidiennes autour d’elles pour établir un lien de confiance. Ensuite lorsqu’elles passent à la traite (au pipeline ici), ça se passe plutôt bien mais il faut être patient au début. Ce sont des animaux qui sont moins dépendants de nous. C’est un signe de bien-être animal car ils expriment leurs comportements naturels mais attention à ne pas perdre le lien animal/éleveur. »

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