Sur le cheptel allaitant, « les naissances ont été anormalement basses sur la campagne juillet 2024 - juillet 2025 », note l’Institut de l’élevage dans son dossier annuel dédié à la filière bovin viande. Compter 211 000 naissances en moins par rapport à la période précédente, soit un repli de 6,4 %, alors que le cheptel reproducteur n’a diminué que de 2,5 %. En cause ? Les conséquences des différentes maladies épizootiques. D’un côté la sous-fertilité affecte le nombre de vêlages, alors que la surmortalité pénalise la survie des jeunes veaux à 30 jours. « Avec une fertilité normale, 163 000 naissances supplémentaires auraient été attendues », expliquent les chercheurs. Même rengaine du côté des vaches laitières : « l’anomalie est estimée à 45 000 naissances par rapport à la fertilité normale », explique l’Idele dans une synthèse dédiée à l’impact des maladies vectorielles sur les filières viandes.
207 800 naissances en moins en raison des épizooties
À l’aléa sanitaire s’ajoute la décapitalisation bovine. À eux deux, ils ont contribué à reculer le nombre de naissances de 315 600 têtes sur la campagne de vêlages 2024-2025. D’après les économistes de l’Institut de l’élevage, 207 800 naissances en moins sont directement imputables aux différentes maladies épizootiques.
Et 300 000 veaux, ça ne passe pas inaperçu. C’est l’équivalent du tiers des exportations annuelles de broutards français vers l’Italie !
Comme la production de viande est un travail au long cours, les conséquences de ce creux dans les vêlages se feront sentir à long terme. La campagne précédente affecte particulièrement les naisseurs de la moitié nord-ouest de la France. Dans les Hauts-de-France, les épizooties font chuter le nombre de veaux disponibles de 10 % sur la campagne de vêlage 2024-2025. Même constat en Île-de-France ou dans le Grand Est, avec un retrait de l’ordre de 9 %.
Un manque à gagner chez les naisseurs
Chez les naisseurs, les conséquences sur les revenus sont relativement directes. D’après les données du réseau Inosys, le revenu moyen des naisseurs spécialisés en plaine avoisine les 57 700 € par UMO pour la campagne 2025. Un niveau notable, porté par la hausse des cours de la viande. Mais sans les aléas sanitaires, « le résultat courant aurait approché les 66 200 €, soit un écart de 8 500 € », détaille Christèle Pineau, lors de la présentation des résultats Inosys 2025. Et ces prospectives sont à prendre avec d’autant plus de recul, que les résultats d’exercices diffèrent selon que l’éleveur soit en vêlage d’automne ou de printemps. Du côté des naisseurs en zone de montagne, le différentiel est plus restreint, avec un manque à gagner de 5 000 € à imputer aux maladies vectorielles.
Dans le même temps, les vêlages d’automne 2025 n’affichent pas de nette amélioration. En cause, le passage de la FCO-3 dans le Grand Ouest au printemps dernier. « Les baisses restent préoccupantes en Pays de la Loire, Bretagne et Centre, régions touchées plus tardivement par la FCO-3 ». Dans ces secteurs, les conséquences économiques de la maladie pour les naisseurs seront à déplorer sur l’exercice 2026.
Des conséquences en cascade pour la filière
Mais au-delà des naisseurs, c’est toute la chaîne de production qui est impactée à rebours par la fièvre catarrhale ovine. Pour les naisseurs engraisseurs de jeunes bovins, l’impact est pour l’instant contenu. L’Institut de l’élevage a évalué à 3 000 € le manque à gagner pour les éleveurs du réseau Inosys de cette catégorie. Une donnée expliquée par la localisation des engraisseurs. Mais à terme, la baisse des vêlages finira par impacter le volume d’animaux disponible à l’engraissement.
Pour visualiser cet effet domino, le service économique de l’Idele a réalisé plusieurs projections. Même en supposant un retour à la normale sur le volet sanitaire à l’été 2025, « la production resterait en baisse conséquente dans les années à venir ».
En 2026, les veaux de 2025 deviendront broutards. Le manque de disponibilité affectera les engraisseurs a minima sur la prochaine campagne, avec des répercussions sur les volumes disponibles de viande bovine jusqu’à 2027 ou 2028.
Mais le nombre élevé de femelles présentes en ferme au 1er octobre laisse envisager un « scénario de stabilisation », dans lequel les éleveurs conserveraient leurs bêtes, pour renouer avec leurs standards de production d’avant la pandémie. « À court terme, la production serait pénalisée par les moindres abattages de femelles, mais à long terme, la situation serait bien plus favorable au maintien du potentiel de production nationale ». Un mal nécessaire pour l’avenir du cheptel reproducteur français.
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