Alors que la filière bovin viande est marquée par la décapitalisation, la succession d'épizooties n'arrange rien à l'affaire. « Entre octobre 2023 et septembre 2024, on a remarqué une surmortalité de 14 % sur le troupeau de mères allaitantes à l'échelle nationale », explique Valérie David, responsable du service santé animale de l'Institut de l'élevage à l'occasion du Grand Angle Viande. « Nous avons enregistré 97 000 vaches mortes sur cette période. C'est 12 000 de plus que la normale. » Et 12 000 têtes, c'est beaucoup dans un contexte où la France perd dans les 80 000 vaches allaitantes par an depuis 2017 du fait des cessations d'activité.
L'augmentation de la mortalité suit la vague de propagation des maladies. Les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées ont été les premiers à être touchés par la MHE, en septembre 2023, et enregistrent de fortes pertes. « Sur ces territoires, on observe une hausse de la mortalité de 33 % sur le cheptel allaitant adulte en un an ». Concrètement, c'est 1 100 vaches de plus d'envoyées à l'équarissage.
Dans le même temps, la recrudescence de la FCO-8 dans le Cantal et l'Aveyron porte aussi les statistiques à la hausse. Les deux premiers départements touchés par le nouveau variant du BTV-8 affichent une surmortalité de 31 % sur la même période.
Si les autres régions sont davantage épargnées, l'analyse de la mortalité au troisième trimestre de 2024 témoignera probablement de l'impact de la FCO-3 dans la moitié nord de l'Hexagone, ainsi que de la FCO-8 dans le quart sud-est.
Une baisse de la fertilité apparente
Au-delà de la mortalité, les 12 derniers mois n'ont pas été très heureux du côté des naissances. « La fertilité apparente (nombre de naissances sur nombre de vaches) est en baisse de 1,8 point (en points pour 1 000) », poursuit Valérie David.
La signature de la FCO et de la MHE se dessine : « la baisse est de moins 3 points dans le Cantal et l'Aveyron, et moins 4,2 points dans les Pyrénées-Atlantiques et Hautes-Pyrénées. » Les statistiques sont à analyser avec prudence : aléas climatiques, décapitalisation... Les déterminants de la fertilité bovine sont nombreux, et les prochains mois donneront davantage de précisions sur le volume de veaux « non nés ».
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