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Transmission en élevageDenis Mousset (61) cherche un successeur pour faire perdurer le lait

Dans l'Orne, Denis Mousset a atteint l'âge de la retraite. Mais l'éleveur n'a pas encore trouvé de repreneur car l'élevage n'attire pas grand monde dans son secteur (ou alors en cassant le prix de la reprise). Alors, il analyse toutes les pistes, y compris celle de céder à un étranger.

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« L'heure de la retraite a sonné pour moi. J'aurais déjà pu la prendre l'année dernière, mais trouver un repreneur qui aime le lait est difficile : aujourd'hui, c'est une vocation qui se fait rare. » Ainsi, Denis Mousset, éleveur dans la région naturelle du Perche, est obligé d'attendre... Voilà près de deux ans qu'il a lancé les démarches sans trouver de candidat sérieux.

Lui-même installé derrière son père et après 40 ans de travail, Denis espérait transmettre la ferme familiale. « J'ai trois enfants mais aucun n'est intéressé. Alors j'aimerais installer un jeune, mais c'est compliqué », explique-t-il. Pourtant, il a su faire évoluer son système au fil des années : « J'ai réimplanté beaucoup de prairies pour atteindre 50 ha d'herbe dans l'assolement, dont une trentaine accessibles autour de la ferme. »

Céder 40 ans de travail, à quel prix ?

Denis a rencontré la Safer et la chambre d'agriculture. « Ils ont estimé la ferme, m'ont dit que c'était une belle structure, viable, mais difficile à reprendre pour un jeune. Alors ils me disent de baisser le prix. En fait, ce que j'ai mis 40 ans à bâtir, il faut que le repreneur mette 8 ans à le payer. » Il désespère : « Tout ça a un coût tout de même ! »

Que vont devenir nos campagnes ?

Même souci pour la maison d'habitation (une grande longère en pierre) : « On cède le tout avec la maison car c'est une évidence pour nous. Mais on me répond qu'elle ne vaut rien à cause de la ferme... Des fois je me demande s'il ne faudrait pas raser tous les bâtiments pour vendre la maison à son juste prix et pouvoir céder les terres. »

Pâturage des vaches laitières
Les vaches disposent de 30 ha d'herbe accessibles autour du corps de ferme. (©Terre-net Média)

Bien qu'il ne souhaitait pas donner de montant pour le témoignage, l'éleveur se dit ouvert : « Je préfère rencontrer les gens intéressés, leur faire visiter le tout, discuter, les laisser expliquer leurs projets », explique-t-il.

« Pour tout mettre en cultures, il y a du monde »

L'éleveur a tout de même rencontré plusieurs voisins intéressés pour reprendre la ferme, mais sans les vaches... « Pour tout mettre en cultures, il y a du monde », affirme-t-il. Mais Denis tient à ce que le repreneur conserve l'élevage. De plus, « l'outil est basé sur le lait, donc une valorisation de la ferme en 100 % culture sera moins intéressante. »

Les jeunes n'ont pas envie de s'endetter pour une ferme sur laquelle ils seront coincés...

Il s'interroge alors : « Il y a un gros problème de renouvellement des générations en élevage. Aujourd'hui, les gens veulent du temps libre. Mais être producteur de lait, c'est 365 jours de l'année et ça, ça n'intéresse plus personne. » Selon lui, le problème est bien plus large : « Il va y avoir un manque de minerai blanc », estime-t-il.

Stabulation vaches laitières
La stabulation logettes fait 85 x 21 m + une aile accolée de 10 x 50 m en aire paillée. Les taries sont dans un autre bâtiment de 25 x 45 m. (©Terre-net Média)

Des Belges et Hollandais intéressés

Alors Denis explore d'autres pistes : « Des Belges sont venus visiter l'exploitation mais ils se moquaient de moi en termes de prix... En revanche, j'ai deux visites de Hollandais à venir. » Aucune décision n'est prise pour l'instant : « Vendre à des étrangers me pose question. Ça demande une certaine réflexion, mais en attendant, ça donne des idées. »

Bien qu'il aimerait profiter davantage du temps libre qui l'attend (d'autant plus que son épouse a également atteint l'âge de la retraite), Denis avoue : « Je ne suis pas pressé. J'ai envie de raccrocher, mais le métier me plaît donc je continue en attendant de trouver quelqu'un. De toute façon, ce n'est jamais bon de faire les choses dans la précipitation. Je m'étais fixé comme objectif de ne plus avoir d'emprunts à l'âge de la retraite et c'est le cas. Mon outil est rentable, et avec tous les cours à la hausse en ce moment, c'est plutôt avantageux. »

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