La nouvelle est tombée mardi 13 janvier : aucun bovin ne sera présent dans les allées du Salon de l’agriculture 2026.
Dans les campagnes, la nouvelle fait plutôt consensus. D’après un sondage réalisé auprès des lecteurs de Web-agri entre le 6 et 13 janvier, 90 % des répondants estiment qu’il n’était « pas important de faire venir des vaches au Sia 2026 » compte tenu du contexte. Ce résultat est donné à titre indicatif, l’échantillon n’a pas été redressé (646 votants).
Entre crise sanitaire et crise agricole, la question est doublement épineuse. 70 % des répondants redoutaient que le Salon de l’agriculture ne devienne un véritable bouillon de culture pour la dermatose nodulaire contagieuse, brassant des bovins de tous horizons. 20 % estiment même que les concours bovins ne sont plus forcément dans l’air du temps.
Sans parler de la dimension politique de l’événement. Sur les réseaux, les appels au boycott du Salon sont nombreux. Des sections régionales de la Coordination rurale appellent à bouder la prochaine édition du Sia. Certaines races se désengagent même de l’évènement par solidarité envers les éleveurs bovins. Sur ses réseaux, l’OS mouton charollais explique pourquoi il renonce à sa présence au Salon. « Cette absence se veut un signal adressé au monde politique et aux instances décisionnelles, face à un sentiment de déconnexion croissante entre les politiques publiques et la réalité du terrain agricole ».
Il n’empêche que les concours bovins demeurent une vitrine pour certains, que ce soit politique, ou génétique pour les vendeurs de reproducteurs.
La Brahmane à l’honneur : une faute de goût ?
La Brahmane Biguine ne sera pas non plus de la partie. Égérie de l’édition 2026, sa venue divisait les lecteurs. Si les organisateurs voyaient en ce croisé zébu un animal capable de répondre aux enjeux d’un climat à + 4°C, les éleveurs y voyaient une faute de goût alors que l’Union européenne s’apprête à signer le traité de libre-échange avec le Mercosur.
D’après un sondage réalisé du 2 au 9 décembre sur Web-agri (308 votants, échantillon non redressé), 58 % des lecteurs considèrent que le choix de la Brahmane est « une maladresse sur fond d’accord UE-Mercosur ». À ceux-là s’ajoutent 6 % d’éleveurs, estimant qu’elle prive une race plus représentative de visibilité.
26 % des répondants appréciaient toutefois le choix, estimant qu’il apportait de « la visibilité à une race ultramarine », et 6 % saluaient la volonté de trouver des solutions au changement climatique.
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