Salon de l’agriculture 2026 : vers une édition « cow vide »

Taureau au salon de l'agriculture
Les embouteillages vers les rings seront rares en cette édition 2026. du Salon de l'agriculture. (©Terre-net Média)

À quelques semaines de l’ouverture du Salon de l’agriculture, 10 races bovines ont fait le choix d’annuler leurs concours en raison du contexte sanitaire, troublé par la dermatose nodulaire contagieuse. Parmi les grandes absentes figureront la Holstein, la Limousine, la Simmental, la Normande ou encore la Montbéliarde. Les races envisagent toutefois la présence de quelques animaux pour satisfaire la curiosité des visiteurs. [Article mis à jour le 5 janvier à 18h22]

Le Salon international de l’agriculture 2026 sera-t-il vraiment la plus grande ferme de France ? Difficile d’imaginer que les 600 bovins attendus seront présents dans les allées.

À la question, « y aura-t-il des vaches au Sia », les organisateurs rétorquent que « personne ne peut répondre de façon définitive », s’en remettant aux décisions des autorités sanitaires. Mais pendant ce temps, les organismes de sélection affichent une certaine réticence à envoyer les meilleurs représentants de leurs races à Paris. Début janvier, les organisateurs du Salon évoquaient l’annulation de 10 concours bovins.

Le concours Holstein annulé

Véritable temps fort du Concours général agricole, le challenge Prim’holstein 2026 n’aura pas lieu. « Conscient de l’approche du concours, de son organisation, du contexte sanitaire, et après avoir sondé les éleveurs retenus pour la tournée nationale, le conseil d’administration de PHF a pris la décision d’annuler la participation de la race Prim’holstein », précise l’OS dans un communiqué de presse en date du 26 décembre. En 2025, l’évènement avait rassemblé pas moins de 115 vaches triées sur le volet. La race espère tout de même organiser le concours du meilleur pointeur.

L’est et le sud-ouest impactés par les restrictions sanitaires

Touchées par les restrictions sanitaires, les races de l’est de la France ont fait le choix d’annuler leurs concours. Le 19 décembre, c’est Montbéliarde association qui annonçait l’annulation de son concours. « Bien que les garanties sanitaires DNC soient prévues afin de permettre au plus grand nombre de participer au CGA, les éleveurs montbéliards des différents territoires n’ont actuellement ni la motivation ni l’enthousiasme », expliquait l’organisme de sélection sur ses réseaux. Sur les leurs, les races Simmental, Tarentaise, Abondance évoquaient l’annulation de leurs concours. Les Hérens et Villard-de-Lans ne seront pas non plus de la partie.

Du côté des Gasconnes des Pyrénées, difficile d’imaginer la tenue d’un concours digne de ce nom avec les restrictions sanitaires en vigueur dans le sud-ouest. La mise en place de la zone vaccinale contre la DNC des Landes à l’Aude implique des interdictions de mouvements et de rassemblements d’animaux dans les régions où la Gasconne est la plus présente.

Du côté des vaches allaitantes, la Limousine a annoncé le 5 janvier renoncer à son concours. « Au regard du contexte, et après avoir mis à profit le temps de la nécessaire concertation, l’organisme de sélection France Limousin Sélection et le Herd-Book Limousin ont, en dehors de tout empressement et en responsabilité, pris la décision d’annuler la présence des bovins limousins au Salon international de l’agriculture 2026, et donc au concours général agricole et à la vente aux enchères d’animaux de boucherie coorganisée avec Les Viandes Limousines », détaille la race dans un communiqué. Des représentants de la race resteront disponibles sur place pour assurer les échanges professionnels.

Quelques heures plus tard, c’est la race Normande qui a pris la décision d’annuler son concours. « Ce choix a été acté dans un souci de responsabilité et de protection de l’ensemble des éleveurs et animaux » précise l’OS sur les réseaux sociaux.

Aubrac, Blonds et Charolais « en réflexion »

Les autres races n’ont pas encore communiqué officiellement sur la tenue des challenges, mais des décisions seront prises dans les jours à venir, ne serait-ce que pour des questions logistiques. « À date, nous avons des éleveurs inscrits pour la tournée de sélection, mais il est encore trop tôt pour connaître le positionnement qui sera pris par l’OS », indique Mélanie Chocat, responsable communication pour le Herd Book Charolais. Même constat en race Blonde d’Aquitaine, où des éleveurs restent motivés par le challenge.

En Aubrac, la sélection a été réalisée à l’automne. « À voir si les éleveurs sont partants ou pas compte tenu du contexte sanitaire », précise Cyril Leymarie, directeur de l’OS race Aubrac. Quoi qu’il advienne, ce sont eux qui auront le dernier mot car « ce sont eux qui subissent en premier le contexte sanitaire, donc nous estimons que la décision leur revient. Nous allons voir ça dans les semaines qui viennent ».

Quelques vaches pour satisfaire les visiteurs

Même sans concours, les races veulent essayer de satisfaire les visiteurs. Montbéliarde association compte envoyer cinq vaches à la capitale, pour assurer les présentations. La race Tarentaise a également prévu d’envoyer des vaches pour représenter les races savoyardes, si le contexte sanitaire le permet, et d’autres feront sûrement de même.

Enfin, Biguine, égérie du Sia, se prépare à rejoindre le parc exposition de la porte de Versailles. La vache de race Brahmane est arrivée en métropole fin octobre. Venue tout droit de Martinique après un périple de 11 jours de bateau, elle s’acclimate en ce moment à l’hiver français au cœur d’une étable de Haute-Saône avant de retrouver les projecteurs du parc expo.

Car les organisateurs insistent : « le salon aura bien lieu », et témoignera de la complexité de « travailler avec du vivant ». « L’agriculture ne va pas bien. L’élevage traverse une épreuve difficile avec la dermatose nodulaire bovine. Le constat est dur, mais s’y arrêter serait une erreur. Dans ce contexte, le Salon est nécessaire. Aujourd’hui plus que jamais », insiste Jérôme Despey, président du Sia à l’occasion d’une tribune.

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Aperçu des marchés
Vaches, charolaises, U= France 7,55 €/kg net +0,02
Vaches, charolaises, R= France 7,34 €/kg net =

Météo
A l'heure actuelle, impossible de dire si les bovins seront présents au Sia 2026.

Comment faire un Salon de l'agriculture en pleine crise sanitaire

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