« Les antibiotiques sont utilisés de plus en plus avec raison », a constaté lors d'une conférence de presse Gilles Salvat, directeur général délégué à la recherche de l'Agence française de sécurité alimentaire et sanitaire (Anses). L'enjeu est d'éviter « l'émergence de résistances qui pourraient poser problème chez l'humain » comme chez l'animal, avec des impasses thérapeutiques.
« On a eu une forte mobilisation des parties prenantes, vétérinaires et éleveurs, avec des résultats qui sont au rendez-vous. On arrive sur un plateau maintenant », a relevé Gérard Moulin, de l'Agence nationale du médicament vétérinaire. « Par rapport à 2011, début du plan Écoantibio visant à diminuer le recours aux antibiotiques, l'exposition globale des animaux a baissé de 45,4% », souligne l'Anses dans son rapport annuel.
Dans le détail, cette exposition a nettement baissé chez les volailles (- 64,4 %) et les porcs (- 55,5 %). Suivent les lapins (- 39,9 %), les bovins (- 22,5 %), et les carnivores domestiques que sont les chats et chiens (- 11,8 %). Pour ces trois derniers groupes, « cette diminution semble avoir atteint une limite ». Leur exposition a même progressé sur la dernière année : + 2,5 % pour les lapins, + 2,9 % pour les bovins et + 5,1 % pour les chats et chiens.
Dans l'optique de diminuer encore l'exposition aux antibiotiques, le ministère de l'agriculture lance jeudi une campagne de sensibilisation en direction des éleveurs et des propriétaires d'animaux de compagnie, avec le slogan « Les antibios, comme il faut, quand il faut ».
Le ministère indique dans un communiqué vouloir « sensibiliser (...) à certaines des bonnes pratiques permettant la prévention des maladies bactériennes : l'amélioration des conditions de vie des animaux, l'adoption de meilleures pratiques d'hygiène et la vaccination des animaux ».
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