Yvon Lemarié et Marc Renaudin, éleveurs en Ille-et-Vilaine, font stériliser leurs réformes programmées. Selon eux, cette technique favorise la persistance de la lactation et évite les risques liés aux chaleurs.
« Depuis 4 ans, nous avons décidé de ne pas faire dépasser la 4e lactation à nos 95 vaches, expliquent Yvon Lemarié et Marc Renaudin, éleveurs à Montgermont (35). On avait trop de génisses. Avec le nombre de lactations, il y avait plus de risques de problèmes sur les vaches. Maintenant, on assure le renouvellement en semence sexée sur les jeunes générations. Pour les 3e et 4e veaux, on pratique le croisement industriel. Puis en fin de 4e lactation, toutes les vaches sont réformées. » Pour cette dernière lactation, non seulement les vaches ne sont pas inséminées mais elles sont même stérilisées à partir de 6 semaines après vêlage.
Une ligature des ovaires
La stérilisation se fait par voie vaginale. « Je pratique une incision au-dessus du col de l’utérus pour aller chercher les ovaires, détaille Florian Granchi, vétérinaire à la clinique des Faluns de Saint-Grégoire (35), qui suit l’élevage d’Yvon Lemarié. Puis, je ligature les artères ovariennes avec un élastique pour créer une gangrène sèche. Sans flux sanguin, les ovaires vont se nécroser. » Non seulement, ils ne produiront plus d’ovule mais ils n’induiront plus non plus les variations hormonales à l’origine des chaleurs.
Les vaches stérilisées reçoivent des anti-inflammatoires et des antibiotiques pendant 3 jours. Un apport de propylène est fait pour prévenir l’acétonémie. Les vaches passent une convalescence pendant quelques jours sur une aire paillée. « Le contrecoup de l’opération est très variable selon les bêtes, analyse Florian Granchi. En moyenne, il y a une baisse de lait pendant 2-3 jours. Puis, ça revient au niveau d’avant. »
Pour une vache qu’on veut réformer, pourquoi ne pas simplement arrêter les inséminations ? Comme pour les bœufs comparés à des taurillons, la stérilisation permet d’avoir des animaux plus tranquilles. Notamment en évitant les chaleurs. « C’est une période dangereuse pour la vache concernée comme pour les autres, constate Yvon Lemarié. Il y a toujours des risques de traumas liés aux chevauchements. En plus pendant les chaleurs, les vaches baissent en lait. »
À l’inverse, la stérilisation favorise la persistance de la production laitière. Sans reproduction à assurer, tout le fonctionnement biologique de la vache est concentré sur la production laitière. « Les hormones de la reproduction agissent sur l’efficacité alimentaire, explique Florian Granchi. La stérilisation permet aussi une meilleure persistance des cellules mammaires. En plus, ça évite la baisse de production au moment des chaleurs. »
En comparant dans un même troupeau des vaches stérilisées et d’autres non, une étude, en 2004, a montré un gain de 85 jours de lactation. « La lactation se maintient à un bon niveau, en quantité et en taux, bien plus de 300 jours, après ça descend tranquillement, constate Yvon Lemarié. Je viens de vendre une vache qui, à 450 jours de production, était encore à 20 kg. »
Pour maximiser le gain et amortir le coût de l’intervention, qui est de 70 à 80 € hors produits et déplacement, Florian Granchi recommande de stériliser sur la première moitié de lactation des vaches qui ont un bon niveau de production et qui sont saines en cellules. Quelques jours avant l’opération, le vétérinaire pratique une fouille ovarienne pour vérifier la bonne involution utérine, l’absence de métrite et de pathologie sur les ovaires.
Bien que leur lactation soit plus longue, les vaches stérilisées restent en bon état corporel. « Il faut quand même les finir, mais en général ce n’est pas trop long », apprécie Yvon Lemarié. Pour l’éleveur, l’intérêt de la stérilisation reste l’allongement des dernières lactations dans un troupeau plus calme.
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