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En élevage laitierLes effets directs de la reproduction sur le bilan technico-économique

L'objectif d'un veau/vache/an ne veut pas dire élever plus de génisses que nécessaire ! (©Adobe stock)
L'objectif d'un veau/vache/an ne veut pas dire élever plus de génisses que nécessaire ! (©Adobe stock)

Dans un troupeau laitier, l’efficacité de la reproduction se ressent directement sur les performances économiques, d'où l'importance d'actionner tous les leviers pour l'améliorer.

En élevage laitier, la fécondité est la clé de voute de l’efficacité technico-économique. La première raison est physiologique : « Contrairement aux chèvres qui peuvent garder des lactations longues, la biologie de la vache rend obligatoire une mise à la reproduction régulière pour garder un bon niveau de production », rappelle Geert Opsomer, vétérinaire à l’université de Ghent, en Belgique, à l'occasion de la journée Bov'idée organisée par Synthèse élevage.

Un mois moyen de lactation de 5 (150 jours)

Si la fécondité, l’aptitude à avoir un veau par an, est un repère de l’efficacité de la reproduction dans son troupeau, il en existe d’autres : l’intervalle vêlage-vêlage, le taux de réussite en 1ère IA, le taux de primipares, le taux de vaches en retard…

Le repère du mois moyen en lactation fait le lien entre la reproduction et la rentabilité. « Le mois moyen en lactation ou nombre de jours en lait est considéré comme optimum à 150 jours, partage Bertrand Méline, consultant en nutrition. Plus il est faible, plus sont nombreuses les vaches proches de leur pic de lactation, donc de la production maximale. »

Il poursuit : « Si on passe d’une moyenne de 200 à 168 jours de lactation, le troupeau produit 9 % de lait en plus. Si on atteint les 150 jours, on gagne 15 % de lait. Donc on augmente son produit, sa marge sur coût alimentaire. Ça vaut bien le coût d’investir dans la reproduction ».

Intégrer le coût du renouvellement

S’il faut viser un veau par vache et par an pour optimiser la production laitière, ce n’est pas une raison pour élever plus de génisses que nécessaire. L’amélioration de sa rentabilité passe aussi par une autre facette de la reproduction qui est la maitrise du taux de renouvellement.

Élever une génisse coûte cher. Il faut presque deux lactations pour amortir les frais d’élevage de la période improductive. De plus, les primipares font moins de lait. « Les multipares font de 15 à 22 % de lait en plus qu’une primipare, rappelle Bertrand Méline. En baissant de 40 à 30 % le taux de primipares, on augmente de 2 % en lait à effectif équivalent. »

Semence sexée et croisement

Premier levier pour optimiser le coût de son renouvellement : élever juste le nombre de génisses dont on aura besoin, en se gardant une marge « mortalité ». C’est possible en sélectionnant par la génomique les meilleures génisses et vaches qui seront chargées d’engendrer le renouvellement grâce à de la semence sexée. Les autres vaches seront inséminées en croisement à visée bouchère.

Vêlage précoce

Deuxième levier : réduire le temps d’élevage des génisses pour un premier vêlage à 24 mois, ce qui demande une bonne croissance et une bonne maitrise de cette première mise à la reproduction. La rentabilité optimale sera obtenue en combinant un premier vêlage précoce puis au moins 3 vêlages rapprochés.

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