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Économies de l'élevage laitierComment mesurer les résultats de reproduction ?

La stade de lactation du troupeau est une information juste quant à la réussite de la reproduction. (©Terre-net Média)
La stade de lactation du troupeau est une information juste quant à la réussite de la reproduction. (©Terre-net Média)

La reproduction pèse fortement sur les résultats économiques d'un élevage laitier. En améliorant la fécondité du troupeau, on peut facilement augmenter la marge de l'atelier.

Les critères que nous utilisons habituellement en France sont des données bilans : intervalle vêlage-vêlage, intervalle vêlage 1ère IA, taux de réussite en 1ère IA… Ces données sont intéressantes, mais elles donnent une information sur les bons résultats, ou non, des 3, 6 ou 12 derniers mois.

Le stade de lactation donne une information rapide et plus juste de la réussite de la reproduction. Attention, il faut s’assurer que des vaches ne viennent pas polluer le chiffre calculé, en particulier celles qu'il est prévu de réformer et qui maintenues dans le troupeau. Par exemple, 8 vaches à 500 j. de lactation dans un troupeau de 80 ont un impact de + 32 jours ou + 1 mois de stade pour la moyenne du troupeau.

Les éleveurs nord-américains utilisent un taux de gestation, calculé sur une plage de 21 jours. Il représente un nombre de vaches gestantes sur le nombre éligible à l’IA. Ce calcul est très réactif, mais peu vulgarisé en France.

Si les vêlages sont groupés, voire très resserrés à l’Irlandaise, la logique n’est pas un taux de réussite ou un intervalle, mais un nombre de vaches à vêler dans la période souhaitée de - 70 % sur 6 semaines. La fertilité est d’ailleurs le critère qui a le plus de poids dans l’index économique irlandais ou EBI.

Combien coûte une dérive de la fécondité ?

Les chiffres sont fluctuants selon les systèmes de production, le prix du lait, la valorisation des réformes et le coût du renouvellement. En Europe, les coûts oscillent entre + 15 € et +3 4 €/vache/an entre des élevages avec une bonne fécondité et d’autres où elle est légèrement dégradée. Pour un troupeau d’une centaine de vaches, le surcoût est a minima de 2 000 à 4 000 €/an. Cela représente 3 à 4 €/1000 l. Quelques exemples de chiffres :

  • + 23 €/vache/an en passant de 400 à 390 jours d’IVV (France, Idele, 2017),
  • + 15 €/vache/an, détection des chaleurs de 40 % à 50 % en 1ère IA (France, ENV Nantes, 2010),
  • + 34 €/vache/an,  amélioration modérée de la détection et de la fertilité (Pays-Bas, 2010).

En cas de vêlages groupés sur une période, un vêlage décalé représente un vrai surcoût. Butler estime ce coût à + 400 € pour chaque vache vêlant en mai après la pousse de l'herbe, et non en février (Irlande, 2014).

Le coût est principalement lié au lait non produit et au surcout de renouvellement. D’autant qu’avec une jeune vache réformée pour infécondité, la production ne couvre qu’une partie des frais d’élevage de la phase « génisse ».

Quel effet sur la marge ?

Le tableau ci-dessous présente un calcul de marge sur coût alimentaire, entre une vache en début de lactation et une autre du même troupeau en fin de lactation.

Données BTPL

Ration

Coût de la ration

Marges

 

Vache à 24 l/j

14 kg MS d'ensilage de maïs

3 kg MS d’ensilage d’herbe

1 kg d’orge + 3,7 kg d’azote

 

127 €/1000 l

3 €/vache

 

223 €/1000 l

5,4 €/vache

 

Vache à 34 l/j

14 kg MS d'ensilage de maïs

3 kg MS d’ensilage d’herbe

1 kg d’orge + 3,7 kg d’azote

+2 kg d’azote + 1 kg VL

 

122 €/1000 l

4,1 €/vache

 

228 €/1000 l

7,8 €/vache

 

La marge est proche si nous raisonnons aux 1 000 litres produits, mais nettement supérieure en marge à la vache. Si le volume est le facteur limitant, l’effet lait par vache joue peu sur la marge (dans une certaine mesure). Mais si l’effectif est limitant, la marge passe par la productivité, d’où l’importance de réussir la reproduction.

Nous retrouvons ces écarts dans les essais menés à Trévarez (29) avec 2 lots, conduits classiquement en vêlage tous les 12 mois et un second lot avec un intervalle de vêlage long de 18 mois (2005-2011). Les résultats affichent : moins de lait, - 640 l/vache/an, moins de produit viande, plus de taux valorisés à + 11 €/1000 l et un meilleur coût alimentaire.

Simulation intervalle de vêlage long
Avec des intervalles de vêlage longs, il faudra 7 vaches de plus dans un troupeau de 85 VL pour produire le même volume de lait. (©BTPL)

En simulant les résultats observés, à volume constant, la marge s’améliore mais il faut traire 7 vaches de plus (10 %). À effectif constant, la marge se dégrade, avec moins de lait livré (- 8 %).

+ 2 000 à 10 000 € en améliorant la fécondité du troupeau

Au final, dans des systèmes économes en concentrés et où l’effectif n’est pas limitant, même si la fécondité se dégrade un peu, l’effet sur la marge reste modéré. Si toutefois le renouvellement n’est pas non plus un facteur limitant.

Dans toutes les autres situations, bâtiment saturé ou système intensif à la vache, une dégradation des résultats de reproduction se traduit par une perte de lait, et une perte de marge.

La réussite de la reproduction repose sur 2 piliers : la détection des chaleurs et la nutrition des préparations vêlages/début de lactation. Pour sécuriser la surveillance, il existe de nombreux outils de monitoring sur le marché. Dans une étude du BTPL de 2021, le retour sur investissement est estimé autour d’un an pour un montant investi de 12 000 € (élevages équipés du système Allflex). Quant à la nutrition des vaches en préparation de vêlage et début de lactation, les pratiques ont beaucoup évolué depuis 15-20 ans.

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