Les diarrhées néonatales ont un coût important en élevage bovin, tant par leur prise en charge que par les conséquences qu’elles entraînent. La vaccination des mères peut empêcher la survenue de ces maladies chez les veaux.
Durant ses tout premiers jours de vie, un jeune veau est la cible de plusieurs pathogènes, susceptibles de lui causer des diarrhées aux conséquences néfastes durables : des bactéries (colibacilles, salmonelles, clostridies), des virus (rotavirus et coronavirus) et même des parasites (coccidies, cryptosporidies).
Pour protéger son troupeau des maladies causées par ces agents, l’éleveur a tout intérêt à mettre en œuvre un ensemble de leviers favorables à la santé animale : mesures d’hygiène et de biosécurité, confort de logement et d’ambiance, alimentation et abreuvement adéquats, bonnes pratiques d’élevage (notamment la gestion du colostrum)… La vaccination intègre cet ensemble.
Vacciner les mères pour protéger les veaux à naître
Les diarrhées néonatales sont dangereuses car, comme le veau nait sans anticorps, elles touchent des animaux qui n’ont pas encore de système immunitaire efficace. C’est pourquoi, contre ces diarrhées, la meilleure stratégie consiste à vacciner les mères entre 12 à 3 semaines avant le vêlage. Les mères produiront des anticorps contre les principaux agents liés à ces pathologies. Si le transfert du colostrum se fait dans les bonnes conditions, ce sont ces anticorps maternels qui protégeront le veau contre les diarrhées.
Cette stratégie de vaccination a prouvé son efficacité sur des troupeaux laitiers dans plusieurs essais scientifiques, notamment dans le cadre du programme Veau 2+ de l’Idele : la vaccination des mères contre les agents des diarrhées néonatales (et des maladies respiratoires) améliore les performances des génisses laitières et des veaux de boucherie.
La pratique de la vaccination est désormais bien connue par les éleveurs : il existe en effet 54 vaccins ayant une AMM (Autorisation de mise sur le marché) pour les bovins en France (source Anses 2024). Les éleveurs sont donc familiers avec les différents modes d’administration (voie injectable ou nasale), les différents types de vaccins (vivant atténué ou inactivé) (1), et même les différents types d’immunité mise en œuvre (locale, systémique, cellulaire et humorale).
Qu’est-ce que l’indication d’un vaccin ?
Ils sont peut-être moins familiers avec la notion d’indication d’un vaccin, qui est pourtant très importante car elle renseigne précisément sur le niveau de protection. C'est l'Agence européenne des médicaments qui évalue cette protection sur la base des essais cliniques et qui régit cette indication (2).
L’indication « prévention » signifie que le vaccin empêche l'apparition de la maladie ou de ses symptômes (100 % de protection dans les essais cliniques). L’indication « réduction » signifie que le vaccin réduit l'excrétion du virus et/ou réduit les signes cliniques. L’incidence de la maladie sera réduite, mais elle peut survenir. Enfin, l’indication « immunisation active » signifie que le vaccin crée une réponse immunitaire grâce à la production d'anticorps.
Parmi les 54 vaccins autorisés en France pour les bovins, 18 ont une indication immunisation active ; 28, une indication réduction et seulement 8, une indication prévention. Par chance, un vaccin contre les diarrhées néonatales figure parmi ces 8 vaccins assurant ainsi le plus haut degré de protection.
(1) La récente pandémie de Covid a popularisé un autre type de vaccins, ceux à ARN, mais on ne les rencontre pas encore en médecine vétérinaire bovine
(2) Les différentes indications peuvent être consultées sur l’index des médicaments vétérinaires autorisés en France (www.ircp.anmv.anses.fr) dans l’onglet RCP (résumé des caractéristiques du produit).