Chaque laitier le sait, maîtriser ses charges d’électricité est crucial. Pour répondre à cet enjeu, Charriau a développé Dopper, un système qui “décale” la production de froid en fabriquant de la glace quand l’énergie est la moins chère, puis en refroidissant le lait au moment voulu. En 7 heures, cet accumulateur constitue une réserve de glace mobilisable pendant 24 heures. Cette logique rend Dopper aussi avantageux en traite classique qu’en système robotisée, réduisant d’environ 30 % la facture d’électricité liée au tank en heures creuses… et jusqu’à 90–95 % avec une centrale photovoltaïque en autoconsommation.
Un système amorti en huit ans
En Vendée, le Gaec de l’Azalée (2,8 Ml) s’est équipé d’un pré-refroidisseur et d’un Dopper avec Booster pour s’adapter au tank existant. Le tout est couplé à une installation photovoltaïque de 53 kWc dont la mise en service est imminente. L’accumulateur de glace Dopper alimente le booster en eau glacée. « Avant, le compresseur du tank tournait quotidiennement pendant 5 h 30. Aujourd’hui, c’est 20 minutes sur trois jours », témoigne Eugénie Retailleau, une des associées. « En attendant que la centrale solaire soit raccordée, nous fabriquons la glace la nuit en heures creuses et nous avons déjà constaté des économies. » L’amortissement est prévu sur huit ans, centrale solaire comprise.
Priorité à l’autoconsommation
À Ballots (Mayenne), Benoît Aubry, laitier à l’EARL La Haute Chevalerie (1,5 Ml), s’est lui aussi équipé d’un pré-refroidisseur + Dopper avec 36 kWc de photovoltaïque. « Je voulais devenir propriétaire de mon tank et, pour ça, il fallait que je fasse baisser ma facture d’électricité », explique l’éleveur. « Aujourd’hui tout est réglé pour autoconsommer un maximum et faire des économies sur la consommation électrique de la ferme. J’ai deux groupes frigorifiques : un se met en route à 9 h 30, l’autre un peu plus tard pour profiter le plus possible du soleil. » La chaleur produite lors de la fabrication de glace est récupérée pour l’eau chaude de lavage des tank et robot. « Avec ce système, la boucle est bouclée », résume-t-il.
Préserver aussi la qualité du lait
Autres avantages, stocker du froid évite les pics de consommation pour les exploitations proches de leur limite de puissance. Dopper intéresse également les transformateurs : le refroidissement rapide sécurise la qualité et la fromageabilité du lait. L’entretien est comparable à celui d’un tank, avec un nettoyage bisannuel du condenseur. Pour le suivi, Charriau s’appuie sur des frigoristes locaux et un SAV téléphonique réactif. Une appli connectée est en cours de déploiement. Dix installations sont déjà en service, les premières depuis environ sept ans. Les retours sont unanimement positifs.