Le cours de la poudre maigre a progressé durant la fin d’année 2023, sans entraîner avec elle le cours du lait français. En cause, une faible indexation des prix nationaux sur les ingrédients laitiers. Le prix du lait français reste cependant élevé par rapport à nos voisins européens.
En novembre 2023, le prix du lait standard a amorcé un repli de 4 €, pour atteindre les 425 €/1 000 l. C’est 20 €/1 000 l de moins que l’année dernière à la même période. Le prix payé aux éleveurs reste stable, autour de 490 €/1 000 l grâce à l’amélioration des taux observée cet automne.
Pourtant, sur les marchés mondiaux, la demande de poudre est à la hausse. De 2 300 € en septembre, le cours de la poudre maigre a bondi pour atteindre les 2 600 € en décembre. Une hausse qui s’explique par une baisse de l’offre mondiale, avec une diminution de la production étasunienne de près de 10 %, et une baisse de l’offre de 4,2 % dans l’Union européenne.
D’autant que la géographie joue en faveur du lait européen. Si la demande en provenance de l’Asie du Sud-Est est à la baisse, l’Égypte et l’Algérie se font remarquer sur le banc des acheteurs. « L’Égypte aurait importé 172 000 t de poudre maigre en cumul sur neuf mois, soit près de 100 000 t de plus qu’en 2022 », estiment les Tendances de l’Institut de l’élevage.
Et il est plus facile pour les Européens de vendre du lait de l’autre côté de la Méditerranée, qu’à l’autre bout du globe. Surtout dans un contexte ou les voies maritimes sont perturbées. « Les attaques de bateaux en mer Rouge, et la sécheresse sur le canal de Panama mettent à mal les flux traditionnels », détaille Marion Cassagnou, Agroéconomiste à l’Institut de l’élevage. « Ces deux incidents majeurs obligent les armateurs à revoir leur trajet. Le contournement de l’Amérique par le cap Horn et celui de l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance allongent les délais de transport, d’environ deux à trois semaines, et alourdissent les frais de transport ».
L’Europe est donc favorisée pour répondre à la demande croissante en Afrique du Nord. Inversement, la Nouvelle-Zélande alimente davantage le marché chinois, en expansion, et pour lequel elle n’a plus de droits de douane.
Mais quid de la répercussion sur les prix ? La France laitière est peu présente sur le marché des ingrédients laitiers. Ils ne représentent qu’environ 25 % du mix-produit français. La grande partie du lait est valorisée par les produits de grande consommation, écoulés par les distributeurs nationaux. Les variations des cours mondiaux influent donc à moindre mesure sur le prix payé aux éleveurs. Et c’est encore plus vrai si l’agriculteur a fait le choix de livrer une laiterie dont la stratégie est avant tout de répondre à la demande nationale.
Cependant, le prix du lait français était au-dessus de celui des autres pays européens. Au début de l’automne, le prix du lait irlandais, danois, allemand ou néerlandais avoisinait les 425 €/1 000 l, là où le lait français talonnait les 475 €/1 000 l.
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