Les députés de la gauche et du Rassemblement national ont adopté vendredi matin lors de l'examen du budget une taxe sur les importations de bovins, contre l'avis du gouvernement, faisant des débats dans l'hémicycle une tribune contre l'accord de libre-échange entre l'UE et le Mercosur.
Pour le groupe La France insoumise, qui a déposé cet amendement, cette taxe vise à « protéger les agriculteurs » et à « garantir la sécurité des consommateurs » face à la « concurrence déloyale » et les « risques sanitaires » que font courir, selon eux, les accords de libre-échange en amplifiant l'importation de bovins sur le territoire français.
Elle vise « à ne pas mettre » les agriculteurs « en concurrence à l'international », a défendu au cours des débats la députée LFI Manon Meunier, fustigeant un gouvernement qui « s'apprête à laisser passer la signature de la ratification du traité de libre-échange » entre le Mercosur et l'Union européenne et « laisser rentrer » ainsi « 99 000 tonnes de viande bovine sur le territoire ».
L'amendement a été adopté très largement (121 voix pour, 17 contre) grâce à l'addition des voix de la gauche et du RN, contre celles d'un camp gouvernemental divisé et peu mobilisé.
Le vote du RN « c'est aussi (...) en protestation au fait qu'on a privé l'Assemblée nationale » de discussions sur cet accord, a renchéri le député d'extrême-droite Jean-Philippe Tanguy. Le parti à la flamme s'était vu refuser par le gouvernement une proposition de résolution sur l'accord UE-Mercosur qu'il souhaitait voir débattre lors de sa « niche » du 31 octobre. Tout comme le groupe LFI, qui a tenté en vain d'inscrire une résolution similaire à l'ordre du jour de sa journée réservée à l'Assemblée, le 28 novembre.
Lundi, plus de 200 députés d'un arc allant des écologistes à LR ont enjoint dans une tribune le président Emmanuel Macron de tout faire pour « bloquer la conclusion de l'accord » au sein de l'UE.
Les négociations avec les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay et Bolivie) ont repris ces derniers mois sous l'impulsion de pays européens dont l'Allemagne ou l'Espagne. La perspective d'une conclusion provoque la colère des syndicats agricoles français, qui ont annoncé une nouvelle mobilisation pour la mi-novembre.
Lors des débats, le camp gouvernemental a souligné qu'il était « contre l'accord avec le Mercosur tel qu'il est écrit aujourd'hui », selon les mots du député Renaissance Jean-René Cazeneuve, reprenant ceux du président de la République.
L'examen de la partie recettes du projet de budget pour 2025 se poursuivait vendredi au pas de course, les députés espérant finir d'examiner les quelques 500 amendements restants d'ici à minuit, afin de pouvoir voter mardi.
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