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Devant le siège de CarrefourDes producteurs d'œufs réclament une « revalorisation des prix »

Une centaine de producteurs d'œufs ont manifesté vendredi matin devant le siège de Carrefour à Massy (Essonne) pour demander à la grande distribution « une revalorisation des prix » et une « prise en compte des coûts de production » en hausse, a constaté une journaliste de l'AFP. (Article mis à jour à 17h28)

Réclamant « une revalorisation des prix », une centaine d'agriculteurs ont lancé des œufs sur les vitres du siège du groupe Carrefour vendredi à Massy (Essonne). Une action coup de poing pour réclamer une meilleure « prise en compte » par la grande distribution de la hausse « des coûts de production » des œufs.

« Il y a une hausse (du prix) des matières premières depuis l'été dernier, sans compter les coûts de production de l'énergie », a expliqué à l'AFP Emmanuel, à la tête d'un élevage de 42 000 poules pondeuses dont 12 000 bios, dans les Deux-Sèvres. Les producteurs d'œufs demandent une revalorisation de deux centimes d'euros par œuf et une hausse de cinq centimes pour le bio.

Carrefour, ciblé parce que c'est l'enseigne la plus réticente à intégrer ces hausses de charges selon les producteurs, dit s'être engagé auprès d'eux « sur une revalorisation des prix et sur l'indexation automatique trimestrielle de l'indice Itavi », reconnu par la filière, qui mesure le coût des matières premières nécessaires pour alimenter les volailles.

Nuance toutefois, les producteurs veulent prendre pour base de référence l'indice Itavi d'août 2020, quand le prix des matières premières a commencé à grimper, mais les représentants de Carrefour « ne disent pas quelle date est prise en compte pour mesurer l'augmentation », ont déploré les producteurs à l'issue d'une réunion vendredi, au siège de Carrefour.

Le groupe affirme appliquer « strictement » la loi Egalim 2, alors que les producteurs fustigent « le non-respect total » de la grande distribution en la matière.

Pas de miracle Egalim

Cette loi, adoptée en urgence par le gouvernement fin 2021, était justement censée protéger les revenus des producteurs français lors des négociations commerciales qui ont lieu chaque année entre grande distribution et industriels, pour fixer le prix des produits vendus dans les grandes surfaces. Elle n'a pas permis d'apaiser le climat de négociations rendues encore plus tendues cette année par l'envolée du coût des matières premières agricoles.

En outre, la Fédération des entreprises et entrepreneurs de France, qui représente les PME fabriquant des produits de grande consommation, en a récemment pointé un effet pervers: « la non-négociabilité des produits agricoles a entraîné de facto la négociabilité des emballages, de l'énergie, du transport et des salaires », des postes de dépenses également touchés par l'inflation des coûts.

Enfin, Egalim 2 n'empêche pas les passes d'armes sur les produits n'impliquant pas d'agriculteurs français. Cette semaine, c'est Intermarché qui a communiqué dans ses rayons sur « une hausse de prix de 25 % » que voulait lui imposer le géant agroalimentaire néerlandais Jacobs Douwe Egberts (JDE), derrière les marques Grand-Mère, L'Or, Senseo, Jacques Vabre ou Maxwell.

Faute d'accord, le distributeur n'a plus été approvisionné pendant quelque temps par JDE, jusqu'à ce qu'une décision de justice l'impose, avait détaillé Le Parisien en milieu de semaine. Mais cette reprise des livraisons s'accompagne « d'une obligation de reprise des négociations commerciales, prenant en compte la réalité du marché et donc le contexte inflationniste que nous subissons », a nuancé JDE auprès du magazine spécialisé LSA.

Fin janvier, le ministre de l'agriculture Julien Denormandie avait promis une « extrême fermeté » des autorités et expliqué que la DGCCRF (concurrence et répression des fraudes) menait des centaines d'enquêtes pour vérifier que les négociations se déroulaient en conformité avec la loi.

Un nouveau « comité de suivi » des négociations, rassemblant l'ensemble des acteurs pour tenter de résoudre les désaccords, doit avoir lieu mi-février, alors que les négociations doivent s'achever avant le 1er mars.

Devant le siège de Carrefour vendredi, Frédéric Chartier, président de la section œufs de l'UGPVB et producteur dans les Côtes-d'Armor, était catégorique: « C'est vital de rehausser les prix car sans cette revalorisation, on ne pourra pas passer l'année 2022. »

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