La station de sélection de Lanaud a présenté ses nouveaux outils à destination des éleveurs à l’occasion du Sommet de l’élevage. En plus des index Iboval, trois nouveaux caractères pourront dorénavant être évalués :
- La morphologie de la mamelle. « C’est un indicateur qui permettra de faciliter les premières tétées tout en limitant l’astreinte de l’éleveur », indique Julien Mante, directeur technique chez France Limousin Sélection. Pour ce faire, la race a créé des indicateurs basés sur la longueur et la grosseur des trayons, mais aussi sur l’emplacement et l’équilibre des quartiers. « On cherche à valoriser les mamelles équilibrées, avec des pis qui ne soient pas trop bas ».
- L’ouverture pelvienne. Une manière pour la race de travailler sur la facilité de vêlage.
- La durée des périodes d’anoestrus. Cet indicateur permet de travailler sur les IVV, en sélectionnant des vaches qui reviennent plus rapidement en chaleur.
Le pôle génomique de Lanaud propose également de nombreux autres tests génomiques, comme la détection des gènes culards ou sans-cornes. Il met également en évidence les animaux susceptibles de donner naissance à un veau avec un palais fendu. Anomalie génétique présente en race limousine à l’état homozygote, elle entraîne la naissance de jeunes veaux avec une fissure au niveau du palais qui les empêche de boire. « Le lait passe directement dans les poumons ». La génomique permet donc de raisonner les accouplements, sachant que 3 % du cheptel limousin est porteur hétérozygote du gène.
Enfin, la génomique, c’est aussi un moyen de vérifier la parenté d’un bovin. « La généalogie, c’est la première pierre de l’histoire de la génétique », explique Julien Mante, de la station d’évaluation. Bref, une manière d’apporter des garanties supplémentaires quant à la valeur génétique de ses animaux.
Question coût, compter 50 € par vache pour bénéficier des analyses ADN, avec la détection des particularités génétiques et de l’analyse génomique. Un investissement qui peut être rentable d’après Julien Mante « Si l’on gagne 4 jours de gestation sur 100 un cheptel de 100 vaches, c’est l’équivalent d’un veau par an qui est gagné ! »
Travailler sur les durées de gestation
La Limousine travaille aussi à évaluer de nouveaux caractères, notamment sur la durée de gestation. « Les éleveurs voient bien sur le terrain qu’il y a des souches plus ou moins précoces, l’objectif est d’objectiver tout cela ». D’autant que l’héritabilité de la durée de gestation est estimée à 40 %.
Si la durée de gestation en race limousine avoisine les 291 jours de moyenne, « il y aurait moyen de descendre autour de 280 jours », estime Julien Mante. Les gestations plus courtes permettraient d’obtenir de meilleurs IVV, mais aussi de répondre à la demande de l’export. « Pour le croisement sur vache laitière, les éleveurs recherchent des lignées qui vêlent vite », précise l’expert. À noter que c’est le veau qui déclenche la mise bas, par la production d’hormones. Un travail sur la voie mâle peut donc être envisagé sur cet aspect. Mais ce chantier reste un travail de longue haleine, compter 10 ou 15 ans pour voir les premiers effets sur la race.
Un travail sur la qualité des onglons est également en cours. « On regarde la pousse, et le positionnement de l’onglon ». L’angle entre le sabot et la bordure de la muraille semble être un caractère avec une héritabilité comprise entre 25 et 30 %. Des résultats sur cette thématique seront possibles à horizon 2025 ou 2026.
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