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Paroles de lecteursFauche précoce : couper dès les premiers brins d'herbe, est-ce intéressant ?

 « En 2021, la première fauche a eu lieu le 4 mars » chez Patrice. Mais en 2022, ce n'est pas la même histoire...<br />(©Terre-net Média)
« En 2021, la première fauche a eu lieu le 4 mars » chez Patrice. Mais en 2022, ce n'est pas la même histoire...
(©Terre-net Média)

Après s'être interrogés sur l'intérêt d'exploiter l'herbe jusqu'au dernier brin en automne, les lecteurs de Web-agri se demandent quels sont les bénéfices de faucher les premiers sortis avant même le printemps.

niko ne paraît pas très favorable à la fauche précoce de l'herbe. « L'an dernier, on a réussi à refaire nos stocks d'herbe ensilée avec le temps de juin et juillet, très humide et chaud, raconte-t-il. Et cette année, avec des températures de 0°C comme en ce moment, l'herbe ne pousse plus. » « La première économie sur l'alimentation animale », selon lui : « ne pas élever plus de génisses que ce qu'on a besoin, soit 30 % pas plus. Et passer un peu plus de temps sur ces vaches taries pour les faire bien vieillir. »

Cela dépend de la météo...

« Effectivement, on a eu de la chance » côté météo en 2021, confirme Patrice. On a aussi récolté de beaux maïs. Surtout un collègue en conversion bio, qui avait trop d'herbe, nous a donné un mélange graminées/légumineuses de grande qualité, que l’on a enrubanné. Cette année par contre, on a diminué le troupeau de 20 vaches pour limiter les achats de concentrés ! (...) »

En dessous de 0°C, l'herbe ne pousse pas.

« En 2021, la première fauche a eu lieu le 4 mars », poursuit ce lecteur, constatant, qu'en 2022, ce n'est pas la même histoire : « ces derniers jours, les températures sont en effet descendues jusqu'à « -5 /- 6°C ».  « (...) Les méteils sont dans un sale état, rien de bien !, déplore-t-il. Toute la région est pareille. Et la semaine passée : 5 cm de neige. Les graminées en rougissent de plaisir... » « L’année dernière, un coupé urée et on repartait pour un cycle mais là, on fait comment ?, se demande donc Patrice, « attendant l'avis des experts... »

Les méteils dans un sale état, les graminées rougissent.

... et de critères économiques

Faucher tôt, Matthias Michel ne semble pas prêt, non plus, à le faire, mais pour des raisons économiques plutôt que climatiques : « Au prix du GNR, pas sûr que ce soit si opportun que ça, mais chacun voit midi à sa porte. »

Laurent Lebon est du même avis que @Matthias Michel : « Entre GNR et correcteur azoté, faut choisir. »

« Exactement », réplique Matthias Michel.

Attention aux « fauches tardives, faut pouvoir passer et la qualité de l'herbe est moins bonne », prévient Jérôme Prunier.

« Un optimum entre quantité et qualité »

Matthias Michel est « entièrement d’accord » avec @Jérôme Prunier, même s'il ne conseille pas pour autant de « faucher tardivement ». Selon lui, « vu le prix du GNR », il faut chercher « un optimum entre quantité et qualité d'herbe car réaliser une coupe à 1,5 t/ha… » « Les frais sont les mêmes » quelles que soient la quantité et la qualité d'herbe récoltée, insiste-t-il. « Mais comme je le disais, c’est le choix de chacun. »

« C'est ce qu'essaient de faire tous les agriculteurs même quand le GNR est moins cher », estime Jérôme Prunier.

Gérard Levillain, lui, voit au moins un avantage aux fauches précoces : « elles permettent une deuxième coupe avant maïs. »

« Plus adapté aux VA qu'aux VL ? »

Pour Olivier Cuvilliez, les fauches précoces sont à pratiquer « en vaches allaitantes mais pas avec des laitières ». En lait, « la valeur est plus importante que la quantité », explique-t-il.

Anthony Audebert ne partage pas cette opinion : « En viande aussi, la qualité ne doit pas être négligée. »

Olivier Cuvilliez reconnaît que @Anthony Audebert « a raison ».

Arrêter de donner du maïs, produire du lait à l'herbe.

Jacques Gobet pense qu'il « va falloir ressortir les autochargeuses au lieu des ensileuses » .

« Faut simplement arrêter de donner du maïs aux vaches et savoir produire du lait au foin », juge Alexis Villatte. Chez nous, c'est comme ça : moins de quantité pour de la qualité. »

« Faucher précocement est sûrement une bonne opération !, conclut pour sa part Alexandre Terrier. Maintenant, il n'y plus qu'à attendre qu'il pleuve pour refaire une coupe. » On en revient aux conditions météo, la boucle est bouclée.

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