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Paroles de lecteursSur le Gaec de l'Épillet dans l'herbe : plus qu'un brin de commentaires !

« Même à 250 € d<strong>'</strong>EBE/1000 l de lait, tu n'en as pas assez pour payer une reprise d'exploitation laitière à 80 cts du litre... », estime Maxime Rocabois. (©Terre-net Média)
« Même à 250 € d'EBE/1000 l de lait, tu n'en as pas assez pour payer une reprise d'exploitation laitière à 80 cts du litre... », estime Maxime Rocabois. (©Terre-net Média)

La vidéo du Gaec de l'Épillet dans l'herbe en a fait fleurir des commentaires après sa parution sur Web-agri ! Sur Facebook notamment, les lecteurs ont échangé sur son système basé sur le 100 % pâturage. L'éleveur du reportage a même participé aux discussions !

« Très bon système, très rémunérateur !, s'exclame jerem 12. Efficace, le zéro concentré ! Même si c'est parfois compliqué pour la repro. Mais avec l'adaptation des races, cela reste maîtrisable. Plus de casse, ni d'IVV trop long. Transposable... »

Quinte2215025 est plus mesuré : « 400 000 litres de lait avec 150 vaches et apparemment une rentabilité financière de l'élevage, je demande à voir. » « Toutes mes félicitations », ajoute cependant ce lecteur.

Très beau système mais...

Maxime Rocabois est encore plus dubitatif : « C'est beau mais avec 400 000 l vendus, même à 250 € d'EBE pour 1 000 l de lait, tu n'en as pas assez pour payer une reprise d'exploitation laitière à 80 cts du litre... »

« Changer de direction pour l'installation ou alors la transmission »

« Et dans un autre système, c'est plus facile ? », rétorque Laurent Lebon.

« Avec 140 VL et 1,3 Ml de lait vendus 150 €, je pense que je fais aussi bien, même si les charges de mécanisation, de main-d'œuvre et autres sont supérieures », réplique de son côté Maxime Rocabois.

Vincent Delargillière intervient : « Le problème de la très grosse différence entre tes 1,3 Ml et leur 400 000 l, c'est le temps de travail et la qualité de vie des éleveurs. Eux vont traire une fois par jour et supprime la traite l'hiver. Je pense également que les gros volumes de lait que tu peux produire en plus ne vont pas dans ta poche, ils servent juste à payer les intrants et tout ce qu'il y a autour. »

La différence ? Le temps de travail et la qualité de vie !

Maxime Rocabois est certes « d'accord » avec @Vincent Delargillière, « mais il y a des limites quand même », ajoute-t-il. « Si tu vends ton lait 400 €, tu ne vas pas faire 350 € d'EBE..., fait-il remarquer. Certains producteurs reprennent une ferme conventionnelle et quand arrive le moment d'investir à 50-55 ans, ils changent de système. Des fois, c'est au moment de leur installation dans l'élevage, comme Gweltaz Le Berrigaud du Gaec l'Epillet dans l'herbe. »

« Vivre dignement de son métier d'éleveur »

Se Bastien, réagissant aux premiers propos de @Maxime Rocabois : « Normal, une reprise à 80 cts du litre de lait, c’était il y a 20 ans ! Pour vivre dignement du métier d'éleveur laitier, il faudrait une reprise à 50 cts !! Sinon mieux vaut laisser filer l'exploitation !!! »

Faudrait des reprises à 50 cts/l de lait ! Pas à 80 cts...

« Donc, dans ce cas, Gweltaz n'a investi que 200 000 € ?, s'interroge Maxime RocaboisLa salle de traite, déjà, en vaut la moitié ! »

Se Bastien, du tac au tac : « Y a peut-être justement que la salle de traite à rembourser ! Y a pas besoin d’une cathédrale pour loger des vaches taries l’hiver !! »

Goulwen Le Berrigaud prend part à la conversation : « En bio, cette ferme tourne à 500 € d'EBE/1 000 l les moins bonnes années et à 580 les années normales. »

Killian Caurant n'est pas convaincu : « Oui oui, on en parle dans deux ans, hein ? »

Pour aller plus loin dans les chiffres...

Goueltas Le Berrigaud apporte alors des précisions : « Avec 400 000 litres, nous atteignons en moyenne 200 000 € d'EBE. Cela laisse de la marge pour la reprise et un salaire convenable. Pour aller plus loin dans les chiffres, le total de l'actif de la ferme est de 800 000 €. S'il fallait reprendre la totalité de l'activité, cela correspondrait à une annuité annuelle de 72 000 € sur 12 ans aux taux actuels du marché. Donc 72 000 € d'annuités à mettre en perspective des 200 000 € d'EBE. »

Nous avons encore de la marge. Je ne suis pas inquiet.

« On peut avoir le montant de subventions sur EBE ? », lui demande Maxime Rocabois.

« Environ 50 K€, la moitié en DPB, la moitié en MAEC jusqu'en 2022, répond Goueltas Le Berrigaud. Je ne me suis pas encore renseigné pour 2023. Je pense que ça baissera mais nous avons de la marge pour augmenter notre chargement et notre chiffre d'affaires si besoin. Je ne suis pas vraiment inquiet pour ça. »

« Chez nous, pour 140 ha, il faut déjà compter 100 000 € pour les annuités », annonce Maxime Rocabois.

« C'est également notre niveau d'annuités, confirme Goueltas Le Berrigaud. Nos achats immobiliers ne sont pas à l'actif de notre société. »

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