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InstallationEBE, capacité de financement... les critères bancaires décryptés par Étienne

Pourquoi calculer l'excédent brut d'exploitation ? Comment construire un plan de financement ? Puis financer ses investissements ? L'agriyoutubeur Étienne Fourmont répond à ces questions en vidéo, de manière concrète et pédagogique. Ainsi, les futurs agriculteurs et éleveurs y verront plus clair dans le jargon des banques.

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Dans cette vidéo publiée sur Youtube, Étienne Fourmont donne des « conseils » et partage son « expérience » pour aider ceux qui souhaitent « se lancer » dans l'agriculture, et notamment l'élevage. « Même si j'ai un petit peu passé l'âge, puisque je me suis installé en 2006 », plaisante-t-il.

L'éleveur sarthois détaille les « différentes étapes » pour rejoindre l'exploitation laitière de ses parents, dans la famille depuis cinq générations désormais. « Comme eux, c'est le lait qui me passionne », lance-t-il. Ses 80 vaches produisent 680 000 l par an, dans un système polyculture-élevage typique de l'ouest de la France.

Les points-clés pour réussir son installation agricole, selon lui :

  • l'EBE (excédent brut d'exploitation)

Il représente « la rentabilité dégagée par l'entreprise, qui permet d'en tirer un revenu et de faire face aux échéances de prêts », justifie Ludovic, le conseiller bancaire d'Étienne. « Par exemple, avec un EBE de 100 000 €, un besoin de prélèvement de 40 000 € pour vivre et une marge de sécurité de 10 000 € (10 % de l'EBE généralement) pour pallier d'éventuelles fluctuations de rendement, de prix, etc., il reste 50 000 € pour rembourser les emprunts », explique-t-il.

  • la capacité d'endettement

Il s'agit du montant que l'on peut emprunter. Autrement dit, avec les 50 000 € restants pour le remboursement des échéances, si l'on reprend le cas cité précédemment.

  • la capacité de financement

« Imaginons, Étienne, que tu as 20 ans de plus, suggère l'expert. Tu arrives à la retraite et tu commences à évaluer tes biens : les bâtiments, le cheptel, le matériel. Moi, je dirai au repreneur combien ils valent et sur quelle durée on peut les financer. Derrière chaque durée, on va proposer des prêts et derrière chaque prêt, des échéances. On regarde ensuite si le cumul des mensualités ou annuités est inférieur ou égal à la capacité de remboursement, les 50 000 € mentionnés plus haut.

Le mot d'ordre : anticiper !
  • le besoin de trésorerie (ou de fonds de roulement)

« Il sert à financer les stocks (fourrages, mises en culture...) et les investissements », précise le spécialiste, en s'appuyant sur une situation concrète, celle d'Étienne Fourmont. « Tu veux t'agrandir, n'est-ce pas ?, lui demande-t-il. Et qui dit plus de vaches, dit plus de génisses à élever sans qu'elles produisent, ça a un coût. D'où l'importance de l'anticipation pour éviter des problèmes de trésorerie, liés non pas à un manque de rentabilité, mais de financement. »

« Le besoin de fonds de roulement n'est pas suffisamment abordé, ni anticipé, confirme l'agriyoutubeur. Soit on veut trop autofinancer, soit pas assez. Il faut trouver le bon équilibre. »

Soit on veut trop autofinancer, soit pas assez.
  • le dossier bancaire

Là encore, il faut s'y prendre au moins un à deux ans à l'avance. « Cela permet de travailler et de bien valider son projet, les investissements en particulier, pour les adapter si besoin, insiste Ludovic. L'installation est alors beaucoup plus fluide. » 

  • les prêts

Ici aussi, le mot d'ordre est "anticipation" même si l'on est dans « la phase de finalisation », soit à peu près « six mois avant l'installation », commente le banquier. « Quand je me suis installé, on a un peu développé l'activité, il a donc fallu s'équiper en conséquence : mélangeuse, pailleuse, réaménagement du bâtiment », témoigne Étienne.

« La banque regarde chaque bien à financer : pour un matériel neuf, la durée sera en général de sept ans, en occasion, plutôt de 4-5 car il va falloir le renouveler, et pour un bâtiment, on est souvent sur 12-15 ans, enchaîne Ludovic. Il peut aussi y avoir un apport personnel et/ou une aide familiale alors on discute avec le jeune sur la manière dont il veut financer les différents biens. Puis, on valide le tout, avec les garanties, les taux, pour qu'il n'ait pas de surprise en s'installant. »

« J'espère que tous ces précisions vont vous aider pour votre installation », conclut Étienne Fourmont, qui devrait revenir plus en détail sur la sienne dans une autre vidéo, publiée sur sa chaîne Youtube d'ici quelques semaines.

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