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Mon projet mon avenir5 frères pour 1 projet : transformer leur lait en camembert et communiquer !

Le camembert "Le 5 frères", une histoire familiale. (©5 frères)
Le camembert "Le 5 frères", une histoire familiale. (©5 frères)

En Seine-Maritime, cinq frères se sont lancés dans un projet audacieux : fabriquer du camembert en respectant le cahier des charges de l'appellation sans pouvoir en bénéficier puisque le département ne fait plus partie de la zone AOP. Afin de communiquer sur leur produit, "Le 5 frères" - un nom qui résume parfaitement la démarche de la fratrie - , ils ont fait appel au financement participatif sur la plateforme Miimosa. Objectif : créer un parcours de découverte de leur élevage et de la fabrication de ce célèbre fromage.

Comme son nom l'indique, le camembert "Le 5 Frères de Bermonville" est une histoire de famille. Charles, Pierre, Victor, Côme et Martin Bréant, âgé de 18 à 32 ans, travaillent sur la ferme familiale en Normandie (dans le Pays de Caux en Seine-Maritime), à la suite de leurs parents qui l'ont reprise dans les années 80 et de leurs grands-parents qui l'ont créée en 1950. Une histoire de transmission également car même si les générations précédentes ne faisaient pas de transformation, elles ont donné aux suivantes le goût d'entreprendre des projets. »

Si, au sein de la fratrie, chacun a un rôle défini sur l'exploitation (conduite du troupeau laitier pour Pierre, transformation fromagère pour Charles, cultures et alimentation du bétail pour Victor, salarié polyvalent pour Côme, Martin étant encore en études agricoles), c'est tous les cinq, il y a cinq ans, qu'ils ont décidé, pour valoriser leur lait, de « transformer une partie de leur production en camembert au lait cru selon la méthode traditionnelle », c'est-à-dire moulé à la louche et fabriqué entièrement à la main. Une organisation personnalisée efficace, renforcée par la force d'un collectif de travail, sans laquelle une telle initiative n'aurait pas été possible, soulignent les producteurs, fiers de la mener ensemble aux côtés de leurs parents, qui éprouvent aussi de la fierté face à cette "œuvre" commune. 

Les "5 frères" présentent leur projet dans cette vidéo de l'émission, publiée sur Youtube en 2018 par nos confrères de France 3 :

Cliquer sur le curseur pour lancer la vidéo.

Exporté jusqu'en Asie

Ingénieur en agriculture de formation et diplômé d'une école de commerce, et après deux emplois dans le conseil agricole et la banque, Charles a appris à fabriquer du fromage pendant huit semaines à l'école nationale de l'industrie laitière à Poligny dans le Jura, puis via un stage en ferme. Il lui a fallu ensuite plusieurs mois pour affiner sa recette et parvenir au résultat attendu. En parallèle, le Gaec a aménagé une fromagerie de 700 m2, un investissement d'un million d'euros.

À noter : "Le 5 Frères de Bermonville" est le seul camembert fermier de Seine-Maritime. Après plus de 20 ans dans la zone de l'AOP "Camembert de Normandie", le département n'en fait plus partie depuis 2008. Le fromage ne peut donc bénéficier de l'appellation, même s'il respecte les principales exigences du cahier des charges : fabrication entièrement à la main (moulage, salage, retournement, emballage), lait cru de vaches de race normande, alimentation sans ensilage, commercialisation dans une boîte en bois... Les fromages sont vendus dans des magasins de producteurs, chez des fromagers, dans des épiceries, des grandes surfaces et des restaurants, dont certains gastronomiques, dans toute la France, en Europe et même en Asie (Japon, Singapour et Honk-Kong). La demande est bien là, comme l'avait prévue l'étude de marché.

La fabrication du "5 frères de Brémonville", expliquée dans cette vidéo postée sur Youtube par Les fermes d'ici :

Pour réduire la part d’aliments fermentés (maïs) dans la ration, les éleveurs entendent développer la luzerne et s'équiper d'un séchoir pour les fourrages. Ils espèrent en outre diminuer leur empreinte carbone de 9 %. Dans le cadre de la démarche "Les 2 pieds sur terre" de leur laiterie Danone, ils ont mesuré les émissions de gaz à effet de serre de leur élevage. Et pour que celles-ci baissent, ce programme subventionne à hauteur de 7 500 € l'installation de séchage.

Financement participatif d'un circuit pédagogique

En plus de "faire", les producteurs veulent "faire savoir", c'est-à-dire communiquer sur leurs pratiques d'élevage respectueuses de l'environnement et de la santé des consommateurs. Et plus largement sur leur passion des vaches laitières et du camembert ! Ils proposent déjà des visites aux écoles d'agriculture, mais aussi aux professionnels et au grand public en partenariat avec l'Office du tourisme Caux Vallée de Seine, Danone, l'organisme de conseil Littoral Normand ou encore l'Association des vendeurs directs de produits laitiers de Normandie (AVDPL).

Aujourd'hui, c'est la création d'un véritable circuit pédagogique autour de la fabrication du camembert au lait cru que les cinq frères envisagent. « Notre premier objectif : faire découvrir le monde agricole et partager les enjeux de notre beau métier d'agriculteur, détaillent-ils. Leur second but : que l'exploitation devienne « un lieu d'études et de vulgarisation des nouvelles techniques pour le public et plus particulièrement pour les établissements scolaires, agricoles ou généraux ». Pour y parvenir, Charles, Pierre, Victor, Côme et Martin ont lancé une campagne de financement participatif sur la plateforme Miimosa, grâce à laquelle ils ont collecté 9 710 €. Leur parcours de découverte du camembert "Le 5 frères" devrait pouvoir bientôt voir le jour et recevoir les premiers visiteurs.

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Développer la luzerne et s'équiper d'un séchoir

L'élevage compte 200 vaches normandes et prim'holstein, produisant 1,65 millions de litres par an (et près de 4 000 camemberts avec la volonté, à terme, de quadrupler cette quantité en agrandissant l'atelier) sur 260 ha, où sont cultivés du blé, du lin, du colza, de la betterave, du maïs et de la luzerne, ainsi que des légumes biologiques de plein champ (pommes de terre et carottes). L'alimentation du cheptel provient exclusivement de l'exploitation (cultures citées ci-dessus et herbe pâturée, sous forme de foin et avec, dès que possible, un affouragement en vert). « Depuis une dizaine d'années, la ferme a beaucoup évolué, précisent les éleveurs. Nous voulons aller vers un modèle plus vertueux, autonome en protéines à plus de 50 %. »

Vers un modèle plus vertueux, autonome en protéines à plus de 50 %.

Pour « réduire la part d’aliments fermentés (maïs) dans la ration des vaches », ils souhaitent développer la luzerne et s'équiper d'un séchoir à fourrages. Ils espèrent en outre diminuer l'empreinte carbone de la ferme de 9 %. Dans le cadre de la démarche "Les 2 pieds sur terre" de leur laiterie Danone, ils ont mesuré les émissions de gaz à effet de serre de l'élevage. Et pour que celles-ci baissent, ils ont obtenu une subvention de 7 500 € pour l'installation de séchage.

Financement participatif pour un circuit pédagogique

En plus de "faire", les cinq frères entendent "faire savoir", autrement dit communiquer sur leurs pratiques d'élevage respectueuses de l'environnement et de la santé des consommateurs. Ils reçoivent déjà sur l'exploitation des écoles agricoles et le grand public en partenariat avec l'Office de tourisme Caux Vallée de Seine, Danone, l'organisme de conseil Littoral Normand et l'Association des vendeurs en direct de produits laitiers de Normandie (AVDPL). Aujourd'hui, c'est un véritable circuit pédagogique autour du camembert que les éleveurs envisagent.

« Notre premier objectif est de faire découvrir le monde agricole et de partager autour des enjeux de notre beau métier d'agriculteur », insistent-ils. Leur second but : « faire de la ferme un lieu d'études et de vulgarisation des nouvelles techniques pour le public et plus particulièrement pour les établissements scolaires, agricoles ou généraux ». Pour y parvenir, ils ont lancé une campagne de financement participatif sur la plateforme Miimosa, grâce à laquelle ils ont collecté 9 710 €. Leur parcours de découverte devrait bientôt pouvoir voir le jour et accueillir les premiers visiteurs !

Journaliste installation/transmission des exploitations

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