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PâturageEviter le pâturage d'herbe épiée

Les bovins ne sont pas capables de valoriser la lignine (©Pixabay)
Les bovins ne sont pas capables de valoriser la lignine (©Pixabay)

La digestibilité de la plante diminue lorsque la proportion de glucides pariétaux augmentent, or ceux-ci sont de plus en plus nombreux à l'approche du stade épié.

La qualité de la flore, est en grande partie liée aux espèces variétales qui la composent, à leur stade végétatif, ainsi qu’à leur composition. Les experts de chez Semae nous éclairent sur les principaux éléments permettant d'avoir un pâturage de qualité.

Préférer le stade feuillu à épié

Le stade de développement de la plante influe sur ses valeurs alimentaires. C’est notamment la proportion de glucides pariétaux, qui constituent les parois des cellules qui influe sur la digestibilité. La proportion de glucides pariétaux est plus importante au stade épié, qu’au stade feuillu. La flore digestive des animaux évolue en fonction du stade des cultures, mais il n’empêche que l’éleveur a intérêt à rechercher la plus faible proportion possible de glucides pariétaux. La lignine, qui constitue une partie des glucides pariétaux, n’est pas dégradée par les bovins. En effet, le pâturage d’herbe épiée peut aller jusqu’à multiplier par deux le temps de rumination, ce qui a pour effet de réduire la quantité de fourrage consommé, et donc détériore les performances zootechniques.  

D'après les conseillers de chez Semae, la digestion d'herbe épiée requiert « davantage de bactéries cellulolytiques, au détriment des bactéries amylolytiques. Or, les cellulolytiques transforment les glucides pariétaux de l’herbe "en paille" en Acides Gras Volatiles (AGV) qui possèdent une chaîne carbonée à deux atomes de carbone (molécules dites en C2, comme l’acide acétique). À noter que la lignine qui constitue une partie des glucides pariétaux n’est absolument pas dégradée et se retrouve dans les bouses ! L’amidon est dégradé en AGV en C3 (acide propioniuqe) et les sucres solubles en AGV en C4 (acide acétique). Les AGV en C3 favorisent la production laitière, ceux en C4 favorisent la production de viande (ou croissance). Les AGV en C2 influent sur le taux butyreux. Seuls ceux en C3 sont glucoformateurs. D’autre part, la transformation en C2 entraîne la production de plus de CO2 et de méthane. »

Travailler la fertilité du sol

Plus un sol est fertile, plus il abritera d’espèces différentes. La fertilité n’est cependant pas qu’une question d’apports en fertilisant : l’activité biologique du sol (champignons, bactéries, vers de terre…) contribuent grandement à son développement. Veiller à favoriser le développement de la vie du sol aide à bénéficier de prairies multi-espèces.

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