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Accord UE Nouvelle-ZélandeLes fédérations agricoles s'inquiètent du non respect des clauses miroirs

La signature d’un tel accord au dernier jour de la Présidence française de l’Union Européenne serait un signal fort en défaveur de l’application des clauses miroirs voulues par le Président Macron. (©Pixabay)
La signature d’un tel accord au dernier jour de la Présidence française de l’Union Européenne serait un signal fort en défaveur de l’application des clauses miroirs voulues par le Président Macron. (©Pixabay)

Alors que la France avait placé les clauses miroirs comme l’une des priorités de la présidence de l’UE, la Fédération nationale bovine dénonce l’accord de libre-échange UE-Nouvelle-Zélande qui pourrait être signé cette semaine. Or, la production de viande bovine en Nouvelle-Zélande est beaucoup moins encadrée qu’en France en ce qui concerne l’usage de certains herbicides, ou les normes de transport. (Article publié initialement le 28 juin 2022 à 17h50 et mis à jour le 30/06 à 16h10)

« Un accord de libre-échange, sans clause miroir, conclu le dernier jour de la Présidence française de l’Union européenne (PFUE) », c’est ce que redoute la FNB qui constate que les discussions entre l’UE et la Nouvelle-Zélande se sont accélérées, en amont de la visite de la Première ministre néo-zélandaise prévue le 30 juin à Bruxelles.

Or, « ni l’utilisation par les éleveurs néozélandais d’herbicides classés nocifs pour l’homme et interdits en Europe depuis 2003 comme l’atrazine, ni la présence de tourteaux de palmistes responsables de la déforestation dans l’alimentation des vaches néozélandaises, ni l’absence d’obligations règlementaires encadrant le transport des animaux, ne semblent en effet être posées comme des obstacles à l ’arrivée de viandes néozélandaises sur le marché européen, à droits de douane préférentiels, dans le texte en négociation », dénonce le syndicat.

Pour la FNB, ce premier accord post-PFUE doit pourtant être exemplaire pour servir de modèle aux suivants. Si un tel accord ne devrait pas permettre d’importer des produits déjà disponibles en quantité suffisante au sein de l’UE, il devrait, a minima, « contenir une condition ferme et non négociable à l’arrivée sur notre marché de telles viandes importées : celles-ci doivent avoir été produites dans le strict respect des normes d’élevage européennes en matière de traçabilité, de bien-être animal et d’utilisation des médicaments vétérinaires et de produits phytosanitaires », demande le syndicat.

Thierry Roquefeuil et Jean-François Guihard, présidents du Cniel et d’Interbev, ont interpellé Elisabeth Borne dans une lettre ouverte le 28 juin, estimant que « la France doit s’opposer avec force à la conclusion de cet accord, en l’état » afin de prouver que son engagement en matière de réciprocité des normes de production est bien réel. Ils invitent également la France et l’Union européenne à « conditionner les nouvelles ouvertures de marché octroyées à la Nouvelle-Zélande à un strict  respect des normes européennes ».  

Un premier pas vers un accord UE-Mercosur ?

« Ce premier  accord de libre-échange post-PFUE (Présidence française de l’Union Européenne) ouvrira sans aucun doute la voie à la ratification d’autres accords, parmi lesquels celui tant redouté avec le Mercosur, dont le vote au conseil de l’UE est attendu d’ici la fin du premier semestre 2023. Il a donc valeur de test ! », redoute la FNB.

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