Entre des importations qui restent massives et des exportations qui s'amplifient, l’Empire du Milieu joue un rôle de plus en plus hybride sur les marchés mondiaux des produits laitiers et pourrait à l’avenir devenir un facteur de déstabilisation des flux et des prix.
Le pays est en train de changer de visage : son rôle ne se limite plus à absorber les excédents mondiaux. La production chinoise de lait cru est ainsi passée de 31 Mt en 2018 à plus de 41 Mt en 2023, ce qui diminue certains de ses besoins d’importations.
L’Empire du Milieu a notamment diminué de presque 40 % ses achats de poudre de lait entier depuis 2021, ses stocks atteignent des records, et il a même commencé à en exporter ponctuellement.
Mais il reste très dépendant du marché mondial sur d’autres segments. Par exemple, les importations chinoises de poudre de lait écrémé et de lactosérum restent élevées pour alimenter l’industrie agroalimentaire, avec environ 345 000 t importées en 2023.
Pour Zeineb Cherif, ce rôle désormais hybride - « importateur massif et exportateur naissant » - pourrait faire de la Chine un « facteur de déséquilibre structurel ».
Une baisse brutale des importations chinoises de poudre grasse ou de lait UHT crée de fait un excès d’offre chez les grands exportateurs (Nouvelle-Zélande, UE, États-Unis). Tandis qu’une montée en puissance des exports chinois de certaines poudres ou de fromages transformés viendrait directement concurrencer ces exportateurs, notamment sur les marchés asiatiques.
Les pourvoyeurs historiques du marché sont déjà obligés de s’adapter à cette nouvelle donne. La Nouvelle-Zélande a ainsi dû réorienter autour de 180 000 t de produits laitiers en 2023 suite à la contraction des achats chinois.
Sans compter que la politique commerciale chinoise, comme son enquête anti-subventions sur les produits laitiers européens et la mise en place de droits de douane supplémentaires, peut modifier les flux commerciaux et redistribuer les marchés.
« De par son poids, la Chine peut donc agir comme un régulateur informel des prix mondiaux », conclut l’analyste.
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