C’est bien « un doublement de la consommation » de lait et produits laitiers qui attend l’Inde demain, selon Christophe Lafougère, directeur général de Girafood. Il s’exprimait lors du colloque annuel sur les marchés mondiaux du lait et de la viande, organisé par l’Idele le 11 juin. « La seule façon de faire en Inde [pour les industriels, N.D.L.R.] est de s’implanter localement », estimait-il. Le pays est effectivement très protectionniste. « Là-bas, c’est seulement trois vaches par ferme et pourtant dès que l’on met l’Inde sur un graphique, tout le reste est écrasé ! » Il prévoit une forte hausse des surplus de poudre maigre notamment. « De ce fait, l’Inde pourra aussi avoir un positionnement mondial dans les cinq prochaines années, avec 80 000 à 100 000 tonnes de poudre maigre de plus sur les marchés mondiaux », selon lui. Le beurre, lui, est très utilisé dans le pays pour des raisons religieuses, et risque peu d’être exporté. Le pays pourrait donc faire évoluer les équilibres de marchés à l’avenir. Pour profiter de cette situation, il imagine déjà des industriels enrichissant la poudre maigre en matière grasse végétale afin d’exporter vers l’Afrique par exemple. L’année passée, c’était Marion Cassagnou, responsable des affaires économiques à l’Association de la transformation laitière (Atla), qui avait fait le point sur ce pays avec une question du même type : « L’Inde peut-elle devenir un acteur plus important sur la scène mondiale ? » La réponse dépend de nombreux facteurs notamment politiques et climatiques qu’elle a développés.
Un pays très protectionniste
Dans le pays, « le lait a un rôle majeur sur la sécurisation de l’alimentation, notamment sur les protéines animales […] et c’est directement le cabinet du Premier ministre en Inde qui suit l’évolution de la production laitière », explique-t-elle. Les investissements publics sont conséquents de fait. L’objectif est bien d’augmenter la productivité qui est de l’ordre de 1600 à 2000 kg par vache (7 500 kg en France et 10 000 aux USA). Pour ce faire, le gouvernement veut s’appuyer sur l’amélioration génétique en utilisant l’insémination et le développement du conseil vétérinaire. Près de 300 millions de bovins vivent au pays de la vache sacrée, dont 100 millions sont traits (3,4 M en France). Le cheptel se compose pour majorité de vaches et zébus (55 %) et de bufflonnes (45 %). Reste que bon nombre de ces bovins ne mangent pas à leur faim. Il n’existe d’ailleurs pas de concurrence entre alimentation humaine et bovine dans le pays. Vaches, zébus et bufflonnes ne reçoivent pas de grain. Près de 40 % du cheptel est détenu par des ouvriers sans terre qui ont un accès restreint au fourrage et à l’eau. Et sur les 207 Mt de lait produit, 46 % sont auto-consommés, 29 % partent sur un marché informel (vente dans les villes, difficulté de conservation, petite transformation) et seuls 25 % sont collectés par des coopératives (8 %) ou des privés (16 %). Marion Cassagnou annonce une consommation intérieure toujours en hausse du fait de la démographie, de l’urbanisation et de la hausse des revenus. « L’export des surplus est probable, mais il reste des incertitudes sur les quantités et les produits. Il y a une forte volonté politique d’exporter, mais il faudra alors ouvrir les frontières aux importations », conclut-elle.
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