Évolution. En repli sur l’UE mais en croissance sur les pays tiers, nos exportations s’éloignent du basique beurre-poudre.
Plus d’un litre de lait sur trois (37 %) collecté en France sert à fabriquer des produits exportés. Cette vocation exportatrice est ancienne et elle n’a pas cessé de progresser, même en période de quotas. C’est ce que montre une étude récente de FranceAgriMer sur les exportations françaises de produits laitiers sur les trente dernières années. Entre 1988 et 2018, elles sont passées de 3,07Md€ à 6,99 Md€. À partir de 2010, avec la hausse de la demande asiatique, elles ont même bondi.
Paradoxalement, depuis la fin des quotas en 2015, cette belle croissance apparaît stoppée. Mais il faut distinguer les exportations vers l’Union européenne, qui affichent un net repli ces dernières années, et celles vers les pays tiers qui, au contraire, sont orientées à la hausse, en particulier depuis 2010. Cette croissance sur le grand export est tirée par les produits secs qui comptent pour la moitié des exportations en valeur.
Mais le plus étonnant est l’évolution de la nature des produits que nous vendons hors Union européenne. En 1998, le premier produit exporté était la poudre grasse. Trente ans plus tard, elle représente moins de 6 % des exportations . Il faut surtout retenir la substitution des poudres de lait par des produits à plus forte valeur ajoutée, en particulier la poudre de lait infantile dont le prix très élevé en fait le premier produit sec exporté en termes de valeur (50 %). Le lactosérum a connu aussi une croissance colossale de ses volumes, tout en bénéficiant d’une revalorisation de son prix.
Une montée en gamme vers les pays tiers
Cette montée en gamme de nos exportations vers les pays tiers vaut aussi pour les fromages avec une réduction de la part des fromages frais, moins onéreux, au profit des pâtes molles et des pâtes cuites. Idem pour l’ultra-frais où les yaourts et la crème se substituent au lait liquide.
Nous sommes donc loin de la caricature qui voudrait que hors de l’Europe, on ne vend que des commodités : poudre, beurre, fromages, ingrédients. La hausse du pouvoir d’achat, notamment en Asie, ouvre des débouchés toujours plus importants sur des produits à haute valeur ajoutée. Interrogeons-nous aussi sur nos transformateurs qui, lorsqu’il faut parler prix du lait, associent le marché des pays tiers à la valorisation beurre-poudre si peu rémunératrice.
Au Gaec de la Thébaudière (35), deux robots VMS 310 DeLaval ont changé la donne
Manitou, Duro, Arland, Laforge… Reportages au cœur du machinisme à la française
Le gouvernement veut appliquer des mesures fiscales en faveur des agriculteurs
« La seconde salle de traite nous aidera à résister à la baisse du prix du lait »
God Save the Beef : les races britanniques gagnent du terrain dans les prés français
Viande bovine : + 8 % en rayon, contre + 34 % payés aux producteurs
Les systèmes robot de traite redeviennent plus compétitifs que les salles de traite
« Bloquer les abattages, c’est risquer la dermatose bovine dans toute la France »
Taxe carbone : l'UE fait finalement une exception pour les engrais
Une réforme du calcul des cotisations sociales agricoles à compter du 1er janvier 2026