Alors que de nouveaux foyers de dermatose nodulaire contagieuse viennent à nouveau d’être détectés, le Modef s’inquiète du manque de visibilité pour les éleveurs et demande des clarifications sur la vaccination.
Avec six départements concernés et près de 90 foyers détectés, dont un nouveau dans le Jura confirmé par le ministère de l’agriculture ce 24 octobre, l’épizootie déclarée cet été sur le territoire français ne semble pas toucher à sa fin. « Les éleveurs sont dans l’ignorance la plus totale de ce qui va arriver », déplore Frédéric Mazer, co-président du Modef. Opposé à l'abattage total, le cinquième syndicat agricole dénonce « une mauvaise stratégie sanitaire » et prône en revanche l’abattage partiel et une vaccination généralisée, « seule solution » pour enrayer la progression de la maladie, explique Fabien Marcilloux, président du Modef Corrèze.
La vaccination apparaît d’autant plus importante que « l’on arrive dans une période où l’on rentre les animaux, et tous les troupeaux dispatchés dans les différentes prairies vont se retrouver mélangés dans les bâtiments », rappelle Nicolas Guitard, secrétaire général du Modef. « Je suis prêt à accepter une perte de mes animaux si jamais je déclarais un foyer mais j’aimerais garder un cheptel souche », ce qui n’est pas possible aujourd’hui avec l’abattage total. Et cette stratégie risque à terme de causer des problèmes de repeuplement sur certains territoires, prévient le syndicat.
Un problème de disponibilité et de coût des vaccins
Sans vaccination autour des foyers détectés, « la stratégie de l’abattage total ne marche pas », explique Frédéric Mazer. Or, la possibilité de vacciner l’ensemble du cheptel bovin français est loin d’être assurée à ce jour.
D’après le Modef, le cabinet de la ministre a confirmé étudier le déploiement de la vaccination sur tout le territoire, mais le financement et la disponibilité des vaccins restent un frein. A ce jour, seuls deux fournisseurs proposent un vaccin contre la DNC.
« Il faut que l’on nous dise si, vraiment, il y a des vaccins ou pas, si on va en avoir ou pas, si on devra les payer ou pas, sinon dans les fermes ça va péter ! Il faut nous dire la vérité », demande Frédéric Mazer. Le Modef a demandé en urgence un rendez-vous avec la ministre de l’agriculture, sans réponse pour le moment.

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