Paris, 7 sept 2016 (AFP) - Après le lait et Lactalis, des éleveurs de plusieurs régions de France protestent mercredi dans ou aux abords de supermarchés de l'enseigne Carrefour, qu'ils voudraient convaincre de remonter ses tarifs d'achat de viande bovine.
Sous le slogan de « Carrefour voleur » et à l'appel du principal syndicat d'éleveurs bovins (FNB), soutenu par la première fédération d'agriculteurs, la FNSEA, des groupes de plusieurs dizaines d'éleveurs ont manifesté dans ou devant des supermarchés, parfois en « améliorant » l'affichage des prix de la viande, ont constaté des correspondants de l'AFP dans plusieurs régions.
« Carrefour voudrait payer le charolais au même prix que les vaches allaitantes alors que ça n'a rien à voir » en termes de qualité, à déclaré à l'AFP le président de la fédération départementale FDSEA 21, Fabrice Faivre, alors qu'une trentaine d'agriculteurs protestaient devant le Carrefour de Quétigny, près de Dijon. « Le juste prix serait de 4 euros le kilo minimum et aujourd'hui, quand tout va bien, on nous l'achète à 3,30 à 3,50 euro le kilo » a-t-il dit en ajoutant que les éleveurs menaient « le même combat » que les producteurs laitiers avec Lactalis.
Carrefour est un des principaux acheteurs de viande dans la grande distribution en France. Les actions menées lundi étaient de l'ordre de la sensibilisation, tournées vers les consommateurs. Ainsi à Caen, en Normandie, une quinzaine d'éleveurs ont distribué des prospectus. Mais à Issoire (Puy-de-Dôme), ils ont déposé un caddie de fumier devant l'entrée de la galerie marchande avec une banderole « Achetez de la merde ».
Dans plusieurs cas, les manifestants encourageaient les clients à aller acheter leur viande dans le réseau Système U, qui s'est engagé en mai à revaloriser les prix de la viande bovine de 1 euro le kilo pour les races dites à viande (Charolaise, Limousine, Blonde d'Aquitaine).
« Système U est le seul grand groupe de distribution à jouer le jeu au niveau du prix d'achat de la viande aux éleveurs », a assuré à l'AFP Olivier Boulat, de la fédération régionale FRSEA dans l'Hérault.
« Toutes les races à viande ont vu perdre 20 à 30 % de leur prix depuis 2013, soit, sur certaines catégories, entre 50 et 90 centimes du kilo » a expliqué à l'AFP Daniel Courval, responsable de la section bovine de la FNSEA dans le Calvados. « Nous n'arrivons pas à couvrir nos frais de production (...) Nous estimons que nous perdons 300 euros par bête », a ajouté Laurent Courtois, de la fédération bovine du Rhône, joint par téléphone.
Dans un communiqué, la FNB a regretté que Carrefour « joue au feu » avec les producteurs en refusant la prise en compte de leurs coûts de production.
Carrefour a indiqué qu'il était en contact avec l'ensemble de la filière.
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