La première autorisation définitive délivrée en Suisse pour l’abattage au pâturage a maintenant force de loi. Pour éviter le stress des animaux durant le transport, les éleveurs helvètes peuvent désormais abattre leurs bovins à la ferme au fusil, puis transporter l’animal mort à l’abattoir pour la découpe.
Cliquer pour voir la vidéo de l’institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL) sur l’abattage au fusil (en allemand).

« L’abattage au pâturage est enfin autorisé par la loi en Suisse, se réjouit l’agriculteur biologique Nils Müller. Nous avons ainsi atteint notre but de permettre à nos animaux de mourir sans souffrance, là où ils sont venus au monde. »
Les Suisses ont mis au point une méthode pour abattre des bovins sans les stresser ni les transporter sur de longues distances. Loin d’être une pratique barbare, l’abattage sur place au fusil était au contraire une demande des associations qui militent pour le bien-être des animaux, comme l’organisation Quatre Pattes Suisse (Vier Pfoten Schweiz) qui a financé les recherches.
L’autorisation obtenue par l’éleveur Nils Müller a été établie pour l’ensemble de son cheptel bovin. Elle court jusqu’à fin 2018 et pourra ensuite être renouvelée. Après la fin réussie de la phase pilote avec dix abattages au pâturage, le onzième bovin a été abattu au pâturage le 4 mai 2016, avec pour la première fois une autorisation ancrée dans la loi helvétique.
Nils Müller a été soutenu par le vulgarisateur du FiBL (l’Institut suisse de recherche de l'agriculture biologique) pour la production animale au cours de toutes ces années de bras de fer avec les autorités. « L’élevage des bovins au pâturage, qui est le système le plus respectueux des besoins de cette espèce, peut maintenant se pratiquer jusqu’à la fin de manière cohérente, affirme Eric Meili. L’abattage au pâturage crée en outre une nouvelle niche de marché puisque c’est un concept qui réunit paysans, bouchers, chasseurs et abattoirs locaux et qui ramène à la campagne de précieuses places de travail. Et en plus, cela permet de répondre aux besoins des nombreuses personnes qui recherchent de la viande de haute qualité nutritionnelle, gustative et éthique. »
transporté dans une remorque spéciale
Lors de l’abattage au pâturage, le bovin est entouré de congénères de son troupeau et se trouve dans un environnement familier au moment où le tir fatal survient. Il est ensuite immédiatement saigné et mené à l’abattoir dans une remorque spéciale. Tout cela permet à la fois de respecter les très strictes normes d’hygiène et d’épargner à l’animal tout le stress causé par le transport et les conditions d'attente qui règnent dans les abattoirs.
L’Institut de recherche de l'agriculture biologique (FiBL) a mesuré les paramètres sanguins pendant la phase pilote. Les teneurs en lactates confirment que les facteurs de stress pre-mortem sont extrêmement bas lors de l’abattage au pâturage. Cela a été confirmé dans deux fermes allemandes par une thèse de doctorat faite à l’université de Kassel – aussi pour des bêtes qui étaient entourées de congénères de leur troupeau au moment du tir. La viande présente en outre, grâce à l’abattage au pâturage, de meilleures valeurs pour les paramètres de tendreté, de couleur et de capacité de rétention de l’eau.



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