Dans le sud de l’Ille-et-Vilaine, les fourrages restent la clef de voûte du bon fonctionnement des exploitations laitières face au changement climatique, selon les résultats du programme Climalait, mené dans plusieurs régions de France.
Sans adaptation face au changement climatique, la ferme modèle du sud de l’Ille-et-Vilaine, imaginée par les éleveurs eux-mêmes dans le cadre du programme Climalait(1), devient très vite « déficitaire en maïs et en herbe conservée ».
La ferme choisie dispose de 88 ha de SAU dont 64 ha de SFP : 27 ha de maïs avec ou sans dérobée, 4 ha de luzerne et 33 ha de prairies de graminées. Le troupeau est constitué de 65 vaches laitières (8 000 kg de lait), avec un taux de renouvellement de 30 % et des vêlages à 26 mois. L’alimentation repose sur l’ensilage de maïs, l’ensilage de graminées, de luzerne et de l’herbe pâturée.
Avec le réchauffement climatique, « il manque 50 tMS d’ensilage de maïs, 7 tMS d’ensilage de graminées et 5 tMS d’ensilage de luzerne ». Pire encore : « La production d’herbe des prairies n’est pas suffisante pour couvrir les besoins des animaux au pâturage, dès la mi-juin et jusqu’à la fin octobre », entraînant la consommation durant l’été du stock fourrager constitué au début du printemps.
Des mises à l'herbe plus précoces
Plus globalement, les éleveurs ont donc imaginé des solutions, durables ou conjoncturelles, pour faire face à cette situation qui pourrait se présenter d’ici une cinquantaine d’années. Certaines sont plus classiques que d’autres comme implanter de la betterave à distribuer ou à faire pâturer, utiliser de la paille dans la ration des génisses, voire déléguer l’élevage de génisses, implanter des légumineuses type trèfle violet plutôt que de la luzerne, cultiver du maïs à double fin (grain/ensilage), développer le sorgho à la place du maïs.
Dans le cas de la ferme modèle, les éleveurs ont fait des choix bien spécifiques avec un ajustement des surfaces et des rations « pour retrouver un équilibre ». Les vaches ont été mises à l’herbe plus tôt au printemps et une partie du surplus d’herbe a été ensilée afin de compenser le déficit d’herbe disponible pour le pâturage des génisses en septembre. Quant à la SFP, elle a été réduite de 7 ha (- 3 ha de maïs, - 1 ha de luzerne et - 3 ha de prairies de graminées) au profit de l’herbe.
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