A l’occasion du Space de Rennes, l’Institut de l’élevage (Idele) a communiqué quelques résultats du projet Harpagon, un projet visant à observer l’impact de l’apport du concentré de production en complémentation individuelle plutôt qu’en ration complète mélangée. Les conclusions peuvent en surprendre plus d'un ; pour une consommation de concentré égale à l'échelle du troupeau, il n'y a pas de différence au niveau des performances zootechniques entre la ration complète et la ration avec apport du concentré au DAC.
Pour vérifier si la complémentation individuelle présente des avantages, un essai a été réalisé à la ferme expérimentale des Trinottières (49) en 2024. Cet essai a été mené pendant 23 semaines sur 46 vaches de race Prim’Holstein.
Trois profils de réponses
Face aux variations d’apport de concentrés, les vaches laitières ne présentent pas toujours les mêmes comportements. Grâce à ses différents dispositifs expérimentaux, tels que le DAC, les compteurs à lait, ou encore les auges peseuses, la ferme expérimentale des Trinottières a cerné les différents profils de réponse.
« On a relevé trois profils de réponse », déclare Valentine Landais, ingénieure agronome à l’Idele. « Certaines vaches vont compenser en consommant davantage de fourrages, d’autres vont perdre du poids, et bien-sûr on observe une baisse de la production de lait pour le troisième profil », poursuit-elle.
Pas de différence au niveau des performances zootechniques
Au final, pour une consommation de concentré égale à l’échelle du troupeau, il n’y a pas de différence au niveau des performances zootechniques entre la ration complète et la ration semi complète de précision (la ration semi complète de précision consiste en l'apport du concentré au DAC). « Pour une même consommation totale de concentré de production par lot, le type de rationnement, qu’il soit en ration complète ou avec une complémentation individuelle […], aboutit aux mêmes performances zootechniques moyennes ».
En conclusion, « la ration semi complète de précision n’est intéressante que pour les vaches capables de compenser une réduction de l’apport en concentré par une plus forte consommation de fourrages à l’auge ».
« Elle n’est pas intéressante pour les vaches qui ne compensent pas une réduction de l’apport en concentré de production par une plus forte consommation à l’auge. Les performances moyennes de ces vaches et leur consommation plus importante de concentré de production contrebalancent les économies réalisées par les vaches qui consomment peu de concentré de production » .
Chez Matthieu Carpentier, le silo libre-service va fêter ses 50 ans
Quand l’occupation gratuite devient-elle une donation rapportable ?
« J'ai toujours la même pailleuse, une occasion achetée 1 500 € il y a 20 ans »
Irlande, Italie, Allemagne, Pologne… Comment nos voisins gèrent la décapitalisation bovine ?
Prix du lait 2025 : comparer le prix de votre laiterie à celui des voisines
Quand déclencher le premier apport d’azote sur prairie ?
Engrais, élevage, légumineuses, les enjeux d’une indépendance azotée pour l’agriculture européenne
Les industriels privés demandent l’aide des producteurs
Déclin agricole français : analyser les causes... pour préparer le rebond ?
Dans l’Est, dix producteurs rebondissent chez Delin