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Paiement du laitNouvel étalon de comptage cellulaire : qu'est-ce qui change pour les éleveurs ?

Le Cniel travaille actuellement sur la normalisation internationale du comptage cellulaire. En d'autres termes : tous les pays devraient prochainement être sur un même référentiel d'analyse des cellules dans le lait. Et la bonne nouvelle, c'est que ce nouvel étalon ferait baisser les résultats. Les analyses actuelles affichent jusqu'à - 20 % de cellules, de quoi faire passer certains sous la pénalité, ou encore en qualité "super A".

Comme le dévoilaient nos confrères de L'éleveur laitier en septembre dernier, le modèle de comptage des cellules dans le lait est en pleine réforme. En effet, dans un objectif d'harmonisation internationale de la méthode de calibrage, l'interprofession laitière a acté en février 2020 le ré-étalonnage de tous les laboratoires d'analyse pour n'utiliser plus qu'une seule et même référence mondiale.

Interrogée par la rédaction de Web-agri, la directrice générale du Cniel Caroline Le Poultier, se félicite de cette avancée : « Le calibrage sera le même dans le monde entier. Le modèle laitier français pourra alors être comparé à celui des autres pays puisqu'on sera sur une base commune. »

Un écart jusqu'à 20 % sur le comptage cellulaire

En revanche, si des analyses en laboratoires sont en cours pour comparer l'ancien et le nouvel étalon, les résultats affichent quant à eux des écarts. En prenant la nouvelle référence pour les analyses de lait, les résultats cellulaires afficheraient une baisse de 15 à 20 %.

« Ce nouveau référentiel fait effectivement diminuer le taux cellulaire mais on observe une forte variabilité en fonction des échantillons de lait analysés, tempère la directrice du Cniel. Nous poursuivons actuellement les tests pour y voir plus clair. »

Ce qui va changer sur la paie de lait

Pas de panique, cela ne bouleversera pas tout. L'interprofession laitière est claire à ce sujet : les grilles de paiement du lait ne se verront pas modifiées sous prétexte du changement de référentiel cellules. « Les grilles sont fixées sur un barème communautaire, rappelait Caroline Le Poultier. Il n'y a aucune raison de les modifier. »

Les laiteries ne porteront d'ailleurs aucun regard sur les résultats antérieurs (pas de remboursement possible sur des pénalités passées qui ne seront peut-être plus vraies avec le nouvel étalon). Et si l'interprofession atteint son objectif de mise en place du nouvel étalon au 1er décembre 2020, la directrice du Cniel se veut rassurante : « Une chose est sûre, ce nouveau référentiel sera appliqué pour tous, dans tous les laboratoires d'analyse, au même moment pour un traitement équitable d'un éleveur à un autre. »

Concrètement donc, cette modification ne devrait pas faire trop de vagues, si ce n'est de voir baisser les taux cellulaire, et donc la situation s'améliorer pour certains avec quelques pénalités qui sautent et/ou des primes qui s'ajoutent. Ça aurait pu être bien pire (dans le cas où le nouvel étalon faisait grimper les taux).

Prenons un exemple, pour un cas d'élevage type (chiffres à affiner en fonction de vos données de production et de paiement du lait) :

Avec ces changements, la directrice de Cniel met tout de même en garde les éleveurs qui suivent de près leurs résultats de qualité du lait : « À la mise en place de ce nouvel étalon, les éleveurs verront sûrement une évolution sur leurs résultats mais il ne faudra pas la prendre pour argent comptant. Il ne s'agira sûrement que de l'écart lié au changement de référentiel. Il vaudra mieux attendre quelques mois avant de tirer des conclusions sur l'aspect sanitaire du troupeau, au risque de tirer des conclusions hâtives biaisées. »

La réflexion pourrait d'ailleurs s'étendre à d'autres critères de qualité et/ou de paiement du lait qui ne sont, à ce jour, pas normés au niveau international car « la filière laitière est exemplaire à ce sujet », conclut l'interprofession.

Rédactrice en chef de Web-agri

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